#
Comment tout a commencé !

Héritières de la Nioulargue, les Voiles de Saint-Tropez expriment une alchimie exceptionnelle, alliance du plaisir de naviguer et d’un sens inné de la fête. Patrice de Colmont, directeur du Club 55 et fondateur de l’événement, et André Beaufils, président de la SNST et organisateur des Voiles, témoignent.

 

On dit que l’origine des Voiles de Saint-Tropez tient à une rencontre qui a eu lieu il y a plus de trente ans. Comment tout cela a-t-il débuté ?

 

Patrice de Colmont. Par un heureux hasard ! Fin septembre 1981, un couple d’Américains qui a un Swan de compétition s’attarde à Saint-Tropez après avoir disputé la Swan Cup à Porto Cervo. Ils participent à quelques régates à la SNST, finissent par connaître du monde et, un beau jour, alors que le propriétaire évoque ses succès en régate, le 12 Mètre Ikra fait son entrée dans le port. Quelqu’un lance alors : “Et Ikra, penses-tu que tu pourrais le battre ?” Réponse immédiate : “Pourquoi pas, si Ikra accepte le défi.” Je cours sur le champ voir Jean Laurin, skipper d’Ikra, qui accepte de sortir pour une régate le lendemain. C’est ainsi que tout a débuté, par un défi un peu dingue entre un Swan 44 et un 12 Mètre JI !

C’était déjà l’alliance de l’ancien et du moderne. Quelle a été l’issue du combat ?

Patrice de Colmont. Le matin du départ, avec un copain, on veut acheter une carte marine pour définir le parcours. Mais on trouve ça trop cher et on se rabat sur une carte routière où l’on crayonne dans la zone bleue marquée “golfe de Saint-Tropez” ! Le départ est donné devant la tour du Portalet, on va virer la bouée du haut-fond de la Nioulargue et l’arrivée est jugée devant chez moi, au Club 55, où une grande table attend tout le monde. Ikra arrive premier, bien avant Pride, le Swan 44, mais tout cela est secondaire. Les équipages déjeunent ensemble et, en guise de trophée, je remets au vainqueur un compotier en argent provenant de la vaisselle de la Marine nationale. L’ambiance bat son plein lorsque débarque le correspondant de Var Matin qui demande qui sont ces gens qui ont l’air de tant s’amuser. Je lui explique que c’est une régate. “Ah ! Quelle régate ?” Je réponds : “Mais… la Club 55 Cup !” et les équipages en rajoutent en déclarant : “Ça a été très dur, un défi de haut niveau, on aura notre revanche l’année prochaine”, etc. Le lendemain, gros titre dans Var Matin : “Une nouvelle America’s Cup est née !”  

Et cela a suffi à lancer l’événement ?

Patrice de Colmont. Non, bien sûr. On avait presque tout oublié quand, au mois de septembre suivant, en 1982, notre ami américain a insisté pour prendre sa revanche et d’autres bateaux ont voulu se joindre au défi. Alors on a organisé une seconde édition avec quelques bateaux disparates dont, entre autres, le one-tonner Fantomas, Queen of Sheeba, un bateau belge, Helisara et aussi Bourru III, vieux cotre aurique et seul bateau classique de cette seconde édition. La remise des prix fut une nouvelle fois l’occasion d’un joyeux mélange des genres entre le maire décernant la médaille de la ville et les Belges gagnant leur poids en pommes de terre. Je crois même qu’il y avait aussi une citrouille en guise de prix ! C’est là qu’est arrivé un ami, Gouédard, quelqu’un d’assez décidé et qui nous affirme : “S’il n’y a pas de maxis, votre truc n’est pas une régate !” On s’est regardé, un moment interloqués, et on s’est dit sans trop savoir de quoi il s’agissait : “S’il n’y a que cela, on va inviter des maxis.”

Mais c’était à l’époque une classe très organisée, un club très fermé. Comment vous y êtes-vous pris ?

Patrice de Colmont. D’après les premiers renseignements obtenus il était impensable de les faire venir, alors a débuté la plus grande opération de bluff du yachting mondial. On a adressé un télex à l’Aga Khan, président du Yacht Club Costa Smeralda où se déroulait la seconde manche du championnat du monde des maxis en disant : “Le Yacht-Club de Saint-Tropez (qui n’existait pas !) souhaiterait présenter son programme de régates aux propriétaires de maxis, pourriez-vous organiser une réunion ?” Vingt-quatre heures plus tard, on avait un rendez-vous. Serge Krasnianski, dont la firme Kiss était en train de se faire connaître, nous a prêté son jet pour qu’un petit groupe se rende en Sardaigne. Là, on a raconté notre petite histoire et on s’est courtoisement fait éconduire par les skippers. Avant de partir, après avoir offert aux propriétaires toutes sortes de colifichets, des polos, des caisses de vins, des cigares aux armes de la Nioulargue, on a organisé un petit déjeuner surprise pour deux cents personnes sur le ponton même où étaient amarrés les maxis afin de régaler tous les équipages. Puis on est parti, laissant les gars intrigués et très impressionnés.

Ça ressemblait quand même plutôt à un échec…

Patrice de Colmont. Attendez ! Quelques semaines plus tard, on apprend que le maxi Mistress Quickly pointe son étrave dans la baie pour faire réparer son électronique à Port-Grimaud. Aussitôt on file là-bas et on leur fait un accueil d’enfer. Pour vous dire l’ambiance, alors que l’un des équipiers se plaint du bruit de l’horloge du clocher qui sonne toutes les heures, Gouédard ne fait ni une ni deux, s’élance, escalade le clocher à mains nues et bloque les aiguilles en les tordant sur place. “Comme ça, dit-il, vous dormirez tranquilles !” Les gars ont cru débarquer chez les fous ! Ensuite on les a invités à Saint-Tropez et le jeu a consisté à les retenir en organisant une fête continuelle, des dîners, des nuits folles, des tournois de boules, n’importe quoi. C’est là qu’on a créé une tradition nouvelle : le petit déjeuner australien, bière et croissants à huit heures du matin ! Puis arrive Midnight Sun et on apprend que Christian de Galéa, qui vient de lancer un nouveau maxi, a l’intention de venir courir. Du coup, les gars de Midnight sont tentés de courir à leur tour et ça devient sérieux. Deux bateaux, ça nous faisait une classe, une coupe… C’était gagné ! On a fini avec quatre maxis côte à côte dans le port et, à la fin de la course, François Carn, secrétaire de la classe, est venu nous dire que la Nioulargue allait être inscrite au calendrier officiel de la classe maxi à partir de l’année suivante.

Mais quelle était l’idée derrière tout cela ?

Patrice de Colmont. S’amuser ! Uniquement s’amuser ! On travaillait tous comme des fous toute la saison d’été et, quand arrivait le 1er octobre, c’était relâche. On avait envie d’utiliser Saint-Tropez pour notre plaisir et les régates nous donnaient un prétexte pour faire une vraie fête qui ne soit pas paillettes et artifices mais où les gens trouvaient un plaisir authentique. On n’avait aucun but commercial et toutes les extravagances étaient bienvenues ! Je compare les premières Nioulargue à la fête annuelle des bûcherons dans les forêts du Grand Nord. C’est à celui qui débitera son arbre le plus vite pendant que les enfants tirent à la corde et que les femmes rivalisent pour produire la meilleure tarte aux myrtilles ! Nous, c’était la même chose, mais autour de la mer.

André Beaufils. C’est juste, la mer comptait plus que la voile et, à partir de 1984, on a inventé des catégories comme les “sea-explorers”, les “tropéziens-travail”, les “tropéziens-marconi” pour constituer des classes où l’on faisait entrer tout le monde. Les défilés, les déguisements, les jeux d’eau à l’entrée du port avec les filles en guêpière – les fameuses “girelles” –, les concours de boules, tout cela s’est greffé spontanément. Tout était bon pour s’amuser, les gens voulaient voir autre chose, avoir des souvenirs plein la tête, partager tous les ingrédients pour passer un bon moment ensemble. Cela dit, la Nioulargue a eu très vite une audience internationale et a donné un élan sans précédent aux restaurations. Les yachts classiques se sont développés grâce à des gens comme Albert Obrist qui ont commencé à fouiller les archives pour refaire des bateaux à l’identique. C’est au fil des éditions successives qu’on a vu revenir les bateaux avec des gréements authentiques. C’était un complet changement de mentalité parce qu’il fallait aussi trouver et former les équipages pour les manœuvrer.

L’accident mortel survenu en 1995 entre la goélette Mariette et le 6 MJI Taos Brett a marqué la fin de la Nioulargue et d’un certain état d’esprit. Comment en est-on venu à la création des Voiles de Saint-Tropez ?

André Beaufils. Après l’accident il y a eu procès et l’événement a été suspendu tant que le jugement n’a pas été rendu. Toutefois, les participants avaient pris l’habitude de se réunir et il y a eu pendant quelques années une régate de fin de saison pour les bateaux modernes et un rassemblement spontané, sans régates, pour les classiques. En 1990, la procédure étant terminée, la SNST s’est retrouvée devant un dilemme : tout abandonner ou continuer. Or la ville, les régatiers, les acteurs économiques locaux poussaient à la reprise. C’est ainsi que grâce à Thierry Catino, alors président de la SNST, sont nées les Voiles de Saint-Tropez. Aujourd’hui, nous accueillons environ trois cents bateaux, à peu près à égalité de nombre entre modernes et classiques.

 

Mais l’état d’esprit a changé, on ne voit plus de jeunes filles balancer des seaux d’eau sur les équipages…

André Beaufils. Ce sont l’époque, les règlements et les bateaux eux-mêmes qui ont changé. Aujourd’hui, les instructions de course stipulent que les jeux d’eau sont interdits alors qu’autrefois c’était plutôt l’inverse. Pas mal d’équipages dorment à l’hôtel, ce sont des évolutions dont il faut tenir compte et on ne peut plus avoir la désinvolture des premières éditions. Surtout, il ne faut pas oublier que c’est Patrice qui a fait tout le boulot pour faire venir les bateaux. Aujourd’hui, organiser les Voiles de Saint-Tropez est facile toutes proportions gardées, mais on est passé à autre chose.

Justement, ne regrettez-vous pas l’ambiance délirante des premières éditions de la Nioulargue ?

Patrice de Colmont. Il n’y a aucune nostalgie à avoir car on ne refait jamais deux fois la même chose. Un jour, on a demandé à Annabelle Buffet, la femme du peintre Bernard Buffet, si elle ne regrettait pas le Saint-Tropez d’avant et elle a eu cette réponse parfaite : “Je ne retrouve pas le Saint-Tropez que j’ai aimé, mais je sais que mes enfants aiment beaucoup le Saint-Tropez d’aujourd’hui.” Eh bien, pour les régates, c’est la même chose. La flotte des bateaux n’a jamais été aussi belle, on joue à guichets fermés et on sait que tous les grands classiques qui sortent de chantier navigueront un jour où l’autre à Saint-Tropez. Que voulez-vous de plus ?

André Beaufils. Je me souviens de l’émerveillement d’Eric Tabarly qui disait : “Je n’imaginais jamais que je verrais un jour en vrai tout ce que j’avais vu dans les livres.” Personnellement, j’ai à cœur de respecter ce qu’a fait Patrice et je prends beaucoup de plaisir à veiller sur cette organisation. Les Voiles de Saint-Tropez préservent un caractère unique en son genre. C’est d’abord un état d’esprit que nous perpétuons et nous n’oublions pas l’origine de notre histoire. Propos recueillis par Eric Vibart  

  • 1981


    Il y a Patrice de Colmont qui raconte (voir “Comment tout a commencé !”) mais il y a aussi l’équipe qui vous accueille chaque année dans la salle de Presse. Elle a résumé pour vous toute l’histoire des Voiles en quelques paragraphes. A lire sans attendre :

    Il y a des soirs où l’on a des idées… de génie. Tout a commencé ce 29 septembre 1981, où un défi sans grand intérêt sportif, si ce n’est de défendre un honneur de marin, est lancé entre Pride, le Swan 44 américain de Dick Jason, et Ikra, le 12M JI skippé par Jean Lorrain. Le défi est on ne peut plus simple : départ au pied du village de Saint-Tropez à la Tour du Portalet, virer la marque du haut fond de la Nioulargo (soit «nid du large» en provençal) et arriver devant le restaurant, le «Club 55», situé sur la plage de Pampelonne. Si pour l’anecdote, Ikra l’emporta devant Pride, pour l’histoire, ce défi donna naissance, grâce à la spontanéité et l’enthousiasme de Patrice de Colmont, à la «Club 55 Cup».

     Et de cette régate va naître un événement unique, un rassemblement à part qui va permettre de faire régater des bateaux de course ordinaires avec de prestigieux maxis yachts, des prototypes ultras sophistiqués avec des yachts classiques aux histoires longues comme des jours sans vent. L’incomparable et inimitable Nioulargue va ainsi naître et va, pendant quinze années, mélanger les plus grands marins à des propriétaires de tout calibre. Imaginez que des majestueux Classe J vont alors pouvoir croiser l’étrave avec des bateaux de course de la dernière génération… Imaginez que la partie de joute nautique une fois terminée se continuera en partie de boules et anchoïade improvisées sur la place des Lices…

    Et si on retrouvera chaque année ce même état d’esprit et cette simplicité bon enfant, chaque année verra aussi son coup d’éclat, son miracle ou son apparition. 1984 verra le géant Class J Velsheda croiser dans le golfe tandis qu’Eric Tabarly à la barre du maxi Coriolan IV bataillait ferme contre le maxi d’Herbert von Karajan Helisara ou contre Harold Cudmore, alors à la barre de Gitana.

     En 1988, c’est John Parkwright IV, armateur de France II, qui lance un défi à d’autres bateaux alors que les régates officielles sont annulées en raison du fort Mistral qui souffle sur la presqu’île. Il demande juste que l’on donne le départ et que l’on note l’arrivée. La Florida Cup (devenue aujourd’hui Défis Jean Lorrain) est née et sera témoin de fantastiques duels comme celui opposant Astra à Candida ou bien en 1992 le Class J Endeavour et Ville de Paris, alors récent challenger pour la Coupe de l’America.

     Autre temps fort, 1990, avec la venue de cinq trois-mâts : Shenandoah, le magnifique Créole, Raphaelo, Aquarius et Fleurt Je. 1991 voit trois bateaux d’exception pointer l’étrave : Pen Duick d’Eric Tabarly qui vient goûter pour la première fois aux eaux de la Grande Bleue, le Class J Endeavour defender de la Coupe de l’America ans les années 30 et Matador, le célèbre maxi champion du monde en titre appartenant alors à un certain Bill Koch.

     

    1993 accueillera le splendide Tuiga. 1995 célébrera le retour de Kentra et la venue de Mariette. Pour l’anecdote, il faut savoir que lors du tournage du film mythique «Et Dieu créa la femme», Brigitte Bardot avait passé beaucoup de temps à bord de Kentra. Une fois de plus, un de ces fameux et magiques «hasards» de la Nioulargue !

     

    Mais après tant d’années de succès et de reconnaissance, la seizième édition connaîtra un drame. Une collision entre Mariette et un 6M JI, Taos Brett IV qui endeuille l’épreuve et la met entre parenthèse pendant trois ans.

     

    Ce n’est qu’en 1999 que les Voiles de Saint-Tropez reprennent le flambeau jamais éteint.

    Et comme par magie, l’automne a retrouvé ses lumières sur les voiles en Mylar et en coton, les défis ont de nouveau fleuri au coin des comptoirs et les parties de boule ont repris sur la place des Lices mêlant Tropéziens et marins du monde entier.

     

     
     
     
     
    REPÈRES

    1981 : Duel entre le 12M JI Ikra et Pride, un Swan 44. Patrice de Colmont crée la «Club 55 Cup».

     1983 : L’équipage de Kiaola III fête des plus dignement la victoire historique d’Australia II au soir de la finale de la Coupe de l’America.

     1984 : Le Class J Velsheda est présent et les maxis impressionnent. Coriolan IV, Helisara, Gitana et Mephisto rivalisent de puissance, Eric Tabarly et Harold Cudmore sont entre autres à la barre…

     1988 : Naissance de la Florida Cup, une journée de défis hors des normes qui va marquer ensuite les différentes éditions de la Nioulargue

     1990 : Cinq trois-mâts sont là : Créole, Aquarius, Raphaelo, Shenandoah et Fleurt Je. Impressionnant !

     1991 : Trois bateaux d’exception répondent présents : Pen Duick d’Eric Tabarly, le Class J Endeavour et Matador, le maxi champion du monde en titre de Bill Koch. Trois bateaux qui ont marqué à l’encre indélébile les pages du yachting.

     1993 : Le 15M JI Tuiga promène sa superbe restauration. Magique !

     1994 : Kentra est de retour à Saint-Tropez, Mariette apparaît.

     1995 : Mariette entre en collision avec le 6M JI Taos Brett IV. L’année noire…

     1999 : Première édition des Voiles de Saint-Tropez.

     2009 : Les 10 ans !

     2011 : 13ème édition des Voiles de Saint-Tropez et trentième anniversaire de la régate d’origine : la Nioulargue.

     

     

     

     
     
     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • #

    2008

    Pour un bel anniversaire, ce fut un bel anniversaire ! 10 ans déjà que les Voiles de Saint-Tropez ont ramassé puis brandi très haut le flambeau de l’esprit de la Nioulargue, et les régates de la semaine ont en tous points été dignes de l’événement. Dans des conditions météos extrêmement variées, 300 voiliers, Modernes et Classiques, ont créé la plus éphémère certes, mais la plus absolue des œuvres d’art, festival de couleurs et de lumières animées, feu d’artifice de mouvement et d’élégance aquatique dans le cadre gorgé de soleil du golfe de Saint-Tropez. Les Voiles 10ème du nom ont cette année encore évolué dans le sublime, additionnant régates après régates le poids des images et le choc des époques ; croisement de grandes voiles auriques dans le soleil, fluidité des étraves dans le clapot bleuté, grand envol des spis de toutes formes, tailles ou couleurs…

    MODERNES

    5 courses validées pour les Wally

    Les spectaculaires et futuristes Wally disposaient de leur propre « rond » et de leur propre comité devant Pampelonne. Ils ont pu disputer 5 courses cette semaine malgré le Mistral, et c’est le Wally 94 Open Season qui s’impose avec 3 manches gagnées, devant Y3K et Magic Carpet. Le géant Esense marque son entrée aux « Voiles » avec une 7ème place.

     

    L’efficacité de Rambler

    Le grand Maxi américain « Rambler » triomphe dans un groupe des grands IRC A particulièrement relevé cette année à Saint-Tropez avec des voiliers haute technologie menés par des équipages souvent issus des plus grands Teams de régates internationales. Son skipper David Georges s’était pour l’occasion assuré les services de Peter Isler (ex BMW Oracle racing) à la navigation. Le talent de l’américain conjugué à la puissance du plan Reichel-Pugh ont fait des merveilles, reléguant Velsheda à une lointaine seconde place. Niklas Zennstrom place le grand sloop Britannique Ran sur la troisième marche du podium. La disqualification pour la règle 20.4.1 (a) lors de la course 3 coûte ainsi très cher à Ernesto Bertarelli et son plan Judel « Numbers » si performant. Les hommes d’Alinghi, malgré deux victoires de manche, ne se classent que 6ème. Les grands Tp65 Monney Penny et Numbers ont incontestablement donné une forte coloration sportive aux Voiles ; les Paul Cayard, James Spithill et autres Brad Butterworth reproduisant au large de Pampelonne des affrontements observés sur les plus prestigieux plans d’eau de la Coupe de l’America. C’est la toute première fois que ces unités habituellement basées sur la côte Est des Etats-Unis avaient fait le déplacement en Europe. Elles ont pu notamment  croiser le fer avec sur le plan d’eau tropézien avec le monocoque recordman de l’Atlantique à la voile Senso One (Mari Cha IV) ou Sojana à Peter Harrison.

     

    A noter chez les IRC B, la formidable bagarre entre Swans et Protos de 45 ou 42 pieds. C’est le proto signé Mark Mills Ngoni qui l’emporte finalement. Mais 6 voiliers se tiennent en quelques points seulement dans cette catégorie qui comptait 42 unités au départ. Le voilier Turc Mat 12, pour sa première participation, se classe 9ème, à la grande satisfaction de son équipage. Promis, ils reviendront.

     

    Didier le Moal et son J 122 J lance 4 terminent en boulet de canon avec une belle victoire hier dans la brise. Insuffisant pourtant pour détrôner le First 40 ;7 Pen Khalet IX à Georges Le Troquer plus régulier en haut des classements.

    Les Archambault 35 triomphent à Saint-Tropez en plaçant en tête des IRC D Rebuff à David Marco et Tchin Tchin skippé par Jean Claude Bertrand. Le J 109 Albacor IV du tropézien Jean Louis Pézin prend la troisième place d’un groupe très compétitif.

    Le First 34,7 Super Ding Ding du Monégasque Luc van Keirsblick s’impose sur le fil face au Sun Fast Zabriskie Point de Olivier de Roffignac en IRC E.

     

    CLASSIQUES

    La surprise Moonbeam III

    Au sortir d’un important chantier de réfection de ses aménagements intérieurs réalisé l’an passé chez Fairlie, Moonbeam III revenait à Saint Tropez avec un nouveau skipper, Erwan Noblet, et une volonté de briller. C’est chose faite avec une très belle victoire dans la catégorie « chouchou » du public et des media, les grands voiliers auriques. Le plan Fife de 1903 s’impose, excusez du peu, devant l’imposant et majestueux cotre Mariquita et la jolie goélette Altaïr. Le sloop Marconi Rowdy , déjà performant à Cannes, signe une belle victoire chez les Bermudiens devant « The Blue Peter » et « Cholita ». « Bonafide », « Oriole » et « Pesa » ont toute la semaine produit un éblouissant spectacle chez les « petits » auriques. Ils habillent dans cet ordre un podium prestigieux et chargé d’histoires maritimes. Dixième dans la catégorie des « petits » auriques, le tout nouveau Fyne construit en Bretagne par Hubert Sagnol sur plan Fife de 1889, a fait des débuts remarqués dans les eaux Tropéziennes. Peu de surprise en Esprit de Tradition où l’immense Shamrock V triomphe. Son éternel adversaire, Savannah ne peut empêcher le nouveau venu Sagittarius de s’intercaler sur le podium.

     

    Bellerophon, roi des Tofinou

    Nicolas Edmiston et son Bellerophon auront tremblé jusqu’au bout pour l’emporter face à l’armada des 15 Tofinou en lice cette année à Saint-Tropez, ces petits monotypes « classique-moderne » dessiné par Philippe Joubert. « Grey One » à Hervé Margolis, malgré deux victoires de manche, s’incline la faute à une redhibitoire 7ème place mercredi dernier. A égalité de points mais moins bien doté en victoires, Bernard Vilarem place son « Cambronne » à la troisième place…

     

    Et aussi (résultats suite) …

    Anne Sophie en Marconi B, Mercury en Marconi C, Windhover en Marconi D, Crazy life en Classique marconi B…. autant de protagonistes méritant sur l’eau, qui ont véritablement fait les Voiles 2008, par leur engagement sportif en régate, et par leur extraordinaire implication à l’année à préserver, valoriser et promouvoir une voile tout en élégance et en tradition, témoignage éclatant de plus d’un siècle de savoir faire maritime….

     Ils sont venus à la dixième édition des Voiles :

    Par ordre alphabétique : Francesco de Angelis (Ita), Isabelle Autissier, Ernesto Bertarelli (Sui), Yvan Bourgnon, Brad Butterworth (NZ), Paul Cayard (USA), Servane Escoffier, Jean Galfione, Peter Isler (USA), Karol Jablonski (Pol), Anne Liardet, Philippe Monnet, Bertrand Pacé, Marc Pajot, Bruno Peyron, Philippe Presti, Lionel Péan, Bruno Troublé.

     

    La « Belle Classe » et la sécurité en mer

    Altair, Amadour, Aschanti, Eilidh, Lulworth, Mariquita, Milena, Moonbeam IV, Oriole, Shamrock V, Sylvia, Thendara et Tuiga, avaient tous répondu vendredi dernier à l’invitation de « la Belle Classe » pour évaluer le travail mis en place par « les Voiles de Saint-Tropez » en ce qui concerna la sécurité sur l’eau, suite aux propositions résumées dans le Memorandum de la belle Classe. Tous se félicitent de la prise de conscience générale quant à la nécessité de faire évoluer les règles de course internationales et de les adapter à la spécificité et à la disparité de ces yachts. Soucieux de poursuivre cette démarche sécuritaire, les skippers et les armateurs de « La Belle Classe » se retrouveront prochainement au Yacht Club de Monaco pour une journée de séminaire en compagnie de juristes spécialisés dans le droit maritime international.

     

     

     

    Ils ont dit…

    André Beaufils, Président de la Société Nautique de Saint Tropez….

    « Sur le strict plan de l’accueil des concurrents, de ce que nous avons été en mesure de mettre en place pour les satisfaire au mieux, je pense que 2008 a été un bon cru. Le spectacle sur l’eau a été comme toujours exceptionnel et nous nous sommes au mieux adaptés aux conditions météos. En ce qui me concerne, j’ai envie de continuer… »

    Georges Kohrel, Directeur de course…

    « Nous avons validé 3 courses chez les Classiques, et 4 courses chez les Modernes, ce qui, compte tenu de l’annulation des courses de vendredi pour cause de fort Mistral, est tout à fait correct et satisfait les concurrents. Nous avions cette année totalement revu nos parcours et les échos que je reçois des participants sont très positifs. Chaque jour, nous avions entre 35 et 40 officiels sur l’eau, pour épauler nos trois comités de course, et donner en toute sécurité 10 à 12 départs par jour… »

  • #

    2009

    C’est à guichet fermé, toutes les places d’accueil du golfe dûment occupées par les quelques 300 concurrents de toutes époques et toutes classes confondues engagés cette année, que se sont disputées les 11ème Voiles de Saint-Tropez. Pour les 10 ans du grand rendez-vous organisé par la Société Nautique de Saint-Tropez et héritier de la célèbre Nioulargue, voiliers Modernes ou Classiques au mieux de leur prestance ont été servis par des conditions estivales. Pendant 10 jours, le port de Saint-Tropez, inhabituellement couronné d’immenses matures centenaires ou futuristes, a vu converger la crème des régatiers parmi lesquels quelques grands noms de la course au large, de Bruno Peyron à Peter Holmberg, en passant par Catherine Chabaud, Lionel Péan, Marc Pajot ou Alain Thébault.

     

    Histoires de duels…

    15 jours à peine après sa mise à l’eau au chantier Charpentier de La Ciotat, le 15 m JI signé Fife Mariska laisse déjà entrevoir de formidables promesses de performances et de résultats. Longtemps bord à bord dimanche dernier lors de la Coupe d’Automne du Yacht Club de France avec son prestigieux homologue Tuiga, le premier des quatre 15 m JI construit au tout  début du 20ème siècle inspire déjà le respect par sa belle vélocité, et laisse augurer de formidables joutes à venir dans sa catégorie des grands voiliers auriques. Piqué au vif, l’année de son centenaire, Tuiga, navire amiral du Yacht Club de Monaco a mis un point d’honneur à régater « propre », raflant du coup toutes les manches de la semaine. Autre duel spectaculaire, la comparaison sur le plan d’eau magique du golfe entre les deux grandes répliques des goélettes de Nathanael G Herreshoff , Elena et Eleonora ; Construit en Espagne sur le chantier Marin LuxurYacts, Elena a été mis à l’eau le 22 avril dernier et a bénéficié du savoir-faire de la construction de sa devancière, toute aussi majestueuse, Eleonora, anciennement Windward.

     

    Y3K impitoyable

    L’impression de froide puissance et d’absolue maîtrise qu’il déploie sur l’eau se confirme au tableau d’affichage ; Même s’il n’est pas le plus grand des Wally, le 100 pieds Y3K n’a pas laissé beaucoup de lauriers à ses concurrents. Il s’est imposé sans contestation cette semaine au terme des 5 courses validées. Le tout récent Wally 130 à bord duquel régatait Luca Bassini, a fait des merveilles, en vain pourtant, pour lui ravir un peu de sa superbe. Dans son sillage les deux Wally de 27 et 28,50 mètres Tiketitan et  Open season.

     

    Cinq Pen Duick en Méditerranée

    Les cinq bateaux du légendaire Eric Tabarly qui tous répondent au nom de Pen Duick (le nom breton de la mésange à tête noire), habituellement basés en Atlantique et dont il ne manque qu’un exemplaire (le trimaran Pen Duick IV, disparu corps et biens  sous le nom de Manureva lors de la Route du Rhum 1978, avec Alain Colas à la barre) ont mit un terme, aux Voiles de Saint-Tropez, à une belle saison méditerranéenne. La flotte, qui est maintenue en état de naviguer grâce à l’Association Eric Tabarly et au soutien de la Banque Populaire, a navigué avec bonheur toute la semaine à Saint-Tropez. Le cotre aurique de 1898 – devenu le bateau familial des Tabarly et à bord duquel régataient Jacqueline et Marie Tabarly – (Pen Duick), le ketch vainqueur de la Transat anglaise de 1964 (Pen Duick II), la goélette aux “mille victoires” aujourd’hui regréée en ketch (Pen Duick III), le petit monocoque à ballast “tout aluminium” vainqueur de la Transpacifique de 1969 (Pen Duick V) et l’immense ketch de 22 m arrivé premier de la Transat anglaise en solitaire de 1976 (Pen Duick VI), ont été les vedettes de cette 11ème édition des Voiles.

     

    Baleines et ballons

    Les Voiles suscitent décidément un large engouement qui touche même le monde animal marin. Deux baleines se sont en effet invitées cette semaine sur le rond des Modernes au large du cap de Saint-Tropez. Etat de fait signalé aux concurrents par le Comité de Course en VHF. Quant au port, il a été visité samedi par deux petits ballons dirigeables venus jouer à quelques mètres de hauteurs entre les mâts et les gréements.

     

    Cap Horniers Tropéziens !

    Tel était le thème samedi soir d’une conférence donnée par Laurent Pavlidis, Universitaire et Historien de la Ville de Saint-Tropez, avec les interventions expertes de Brigitte et Yvonnick Le Coat. L’épopée des Cap Horniers qui affrontaient le si dangereux cap entre le milieu du 19ème et le milieu du 20ème siècle a été narrée par le menu, avec un « focus » particulier et assez inattendu sur les Tropéziens, héros de cette époque révolue. On pouvait ainsi apprendre que le record de la traversée entre l’Angleterre et le Chili a été détenu par Léon Gardane, en quelques 54 jours. Ce Tropézien bon teint franchira à 14 reprises le grand cap sud américain. On a identifié aujourd’hui près d’une vingtaine de natifs de la Cité du Bailli et qui ont vécu ces extraordinaires aventures entre l’Europe et l’Amérique du Sud, voire la Californie, à bord de grands trois ou quatre mâts barques transportant qui des émigrés, qui des matériaux lourds.

     

     

    Trophée Rolex -4 courses

    1- Rowdy (sloop bermudien) Graham Walker

    2- Tuiga (15 m) Bernard D’Alessandri

    3- Oiseau de feu (cotre bermudien) Jean Philippe Lhuillier

     

    Trophée Paris Première

    1- Pamyra ben (Morgan 54) André Gumuchdjian

    2- Jethou (Mini Maxi) Sir Peter Ogden

    3- Velsheda (J Class) R De Warl

     

    Prix “Série Limitée Les Echos du Yacht de Tradition”

    Marikita

     

    Ils ont dit :

    André Beaufils, Président du Comité d’organisation

    « Les Dieux de la mer et de la météo étaient avec nous. Du soleil, du vent, et ue ambiance tout à fait estivale ont marqué cette édition anniversaire. Ma grande satisfaction et ma reconnaissance va à tous les bénévoles  bien entendu, mais aussi au Comité de course qui a fait preuve d’une maîtrise absolue dans la gestion et l’organisation des courses, s’adaptant aux caprices du vent en toutes circonstances. J’ai le sentiment que le village, dans sa nouvelle configuration a été très appréciée. Je constate aussi que l’engouement médiatique pour notre épreuve ne se dément pas, avec une augmentation sensible du nombre de journalistes français et internationaux. »

     

    Georges Korhel, Directeur de course

    « Si j’en juge par l’absence de récriminations à l’issue des courses, j’en déduis que les concurrents ont pris du plaisir. Je suis particulièrement satisfait de l’esprit d’indépendance exprimé sur l’eau par tous nos comités de courses, Modernes, Wally et Classiques. Quelles que soient les variations du vent, ils ont su s’adapter en toute indépendance pour lancer des courses au meilleur du vent. Les Modernes n’ont pas couru lundi faute de vent, mais tout le monde a couru chaque jour le reste de la semaine. »

     

    Fulvio Corrente, animations à terre

    « Le village a joué à plein son rôle de déclencheur de la fête en ville. Les marins ssont venus e masse dès le retour des régates avant d’investir les bars et restaurants de la ville. La nouvele configuration, avec le nouvel espace Presse a beaucoup plu et nus allons travailler dans le même sens pour 2010, avec des améliorations en fonction des desiderata exprimés, notamment en terme d’affichages des infos et résultats…. »

     

     

  • #

    2010

    Saint-Tropez se réveille encore toute vibrante d’une nuit de fête animée jusqu’à l’aube par des marins désireux de prolonger jusqu’au bout une semaine sportive et festive, en tous points exceptionnelle. Les Voiles de Saint-Tropez millésime 2010 ont tiré leur révérence ce dimanche à l’occasion de la traditionnelle remise des prix à la citadelle, où les régatiers sont venus partager un ultime moment de convivialité, avant de prendre date pour l’année prochaine et une édition anniversaire dont on salive à l’avance.

     

    6 courses pour les Wally, 4 pour les Modernes, et 4 pour les Classiques ; carton plein ! L’édition 2010 des Voiles de Saint-Tropez demeurera dans les mémoires, et d’un avis unanime, comme l’une des plus intenses et des plus réussies. Parfaitement insérée entre Mistral et un coup de vent d’est, la belle semaine tropézienne a apporté chaque jour l’exacte dose de vent, de soleil et de mer pour garantir la tenue de formidables régates, parfaitement équitables, et propices à se disputer chaque jour sur des parcours aux reliefs variés. Les vainqueurs célébrés aujourd’hui à la Citadelle de Saint-Tropez ne souffrent ainsi d’aucun risque de contestation. Les 5 groupes IRC rassemblant les voiliers Modernes, les 10 catégories identifiant les différents types de yachts classiques, et naturellement la belle flotte de 11 Wally ont ainsi tous aujourd’hui leur champion, souvent désigné au terme d’âpres luttes nautiques.

     

    3 Trois-mâts sur le plan d’eau tropézien

    Fête du nautisme, rassemblement exceptionnel de plus de 125 ans de génie maritime, les Voiles de Saint-Tropez ont aussi offert cette année le spectacle rare de trois grandes goélettes à trois mâts navigant dans le golfe. Atlantic (70 mètres), la superbe réplique du bateau de Charlie Barr fraîchement sortie de son chantier Néerlandais  venait saluer l’immense goélette à trois mâts Adix (66 mètres), rivalisant d’élégance avec Creole (65 mètres), le magnifique trois-mâts dessiné en 1927 par Charles Nicholson.

    A noter le très intéressant croisement sur le plan d’eau d’Atlantic, recordman de la traversée de l’Atlantique en 1903, avec le ketch tout en carbone Mari Cha III (44,70 m) qui le fut 95 ans plus tard, en 1998. C’était à Saint-Tropez, et nulle part ailleurs.

     

    Lionheart

    Avec l’autorisation récente d’utiliser l’aluminium pour les coques, de nouveaux projets voient le jour, basés sur les plans et spécifications du maître Charles Ernest Nicholson et des règlements de jauge de la J Class. On a pu croiser ainsi dans le golfe de saint tropez pendant les Voiles la toute dernière réplique sortie des chantiers Claasen Jachtbouw BV aux Pays-bas, Lionheart, construit d’après les recherches de Starling Burgess et Olin Stephens avec à la baguette le Néerlandais Hoek. 20 grands J Class ont été dessinés entre 1930 et 1937. Dix ont été construits. A Velsheda, Shamrock V et Endeavour s’ajoutent donc aujourd’hui les répliques fidèles Ranger (2004), Hanuman (2009) et Lionheart. D’autres pourraient suivre, Atlantis et Rainbow dans la perspective d’un grand rendez vous “historique” dans le Solent en juin 2012. Lioheart affiche des mensurations exceptionnelles, 44 mètres de long.

     

    Icap Leopard3

    Inspiré dans ses volumes de carène des Open 60 ou des Volvo 70 qui ont fait le succès de Farr Yacht Design, Leopard 3 est un super Yacht au confort exceptionnel, combiné avec des performances en navigation de haute mer tout à fait remarquable. 30 mètres de long, 6,80 de large et un tirant d’air de 47 mètres, Leopard bénéficie d’une quille pendulaire qui peut s’incliner de 40 degrés, donnant au voilier une stabilité équivalente à celle qu’apporteraient 200 hommes au rappel. Leopard écume avec succès les eaux de l’Atlantique, des Caraïbes ou de la Méditerranée. Voilier de record, il a dû l’été dernier s’incliner lors de sa tentative contre le record de la traversée de l’atlantique faute à un manque de vent.

     

     

    Ils étaient aux Voiles…

    Nouveaux venus ou habitués des Voiles, l’événement fait chaque année le plein de navigateurs de renom. La cuvée 2010 comprenait notamment,par ordre alphabétique : Alexia Barrier, Brad Butterworth, Catherine Chabaud, Bertrand de Broc, Karine Fauconnier, Philippe Monnet, Doug Peterson, Marc Pajot, Yves Parlier, Lionel Péan, Cécile Poujol, Mike Sanderson, Jean-Yves Terlain, Alain Thébault, Marc Thiercelin, Dominique Wavre,…

     

     

    PRIX SPÉCIAUX :

    Trophée Rolex : Ikra le talent et la chance

    Toujours à égalité depuis mardi dernier, Ikra et Rowdy se sont lancés, à distance, un magnifique duel qui a récompensé la régularité et la performance. Malheureux lors de cette ultime manche, Rowdy a cumulé quelques petites erreurs et manœuvres supplémentaires, qui ont failli lui coûter la victoire finale. Le génie de Graham Walker et les très bonnes performances de Rowdy lui ont permis de remporter de justesse cette manche, restant du même coup en lice pour le « Trophée Rolex ». Très à l’aise depuis le début de la semaine, se permettant même de s’imposer avec des écarts en temps compensé très confortables, Ikra de Yves-Marie Morault, skippé par Sébastien Destremau est donc en compétition face à Rowdy pour le titre.

    C’est lors de la remise des prix, qui s’est tenue à la Citadelle à partir de 11 h que Monsieur Philippe Schaeffer a remis le Trophée ainsi qu’une montre Rolex Submariner à Ikra, vainqueur au tirage au sort entre les deux yachts à égalité de points.

     

    « Prix du yacht de tradition de l’année » organisé par Les Echos Série limitée

    Avel remporte de haute lutte le Prix “Série limitée” du Yacht de tradition des Voiles de Saint-Tropez 2010. Décerné pour la deuxième année consécutive, ce prix récompense un voilier qui met à l’honneur les valeurs de la belle plaisance, qualité du bateau, éthique, équipage…. Le bateau vainqueur  de l’année, sera élu parmi les présélectionnés lors des six régates et rassemblements constituant le circuit «Sérire Limitée du yachting de tradition » en Atlantique et en Méditerranée. Son  nom sera dévoilé lors de l’inauguration du Nautic à Paris.

    Avel, nom d’un vent Breton, a été commandée en 1896 par le français René Calame à Charles Nicholson. En 1897, le joli cotre aurique de 23,50 mètres sort des chantiers Camper et Nicholson. A l’abandon en 1927, il est rénové dans les années 90 et navigue depuis au sein des flottes de yachts classiques. Il rejoint donc le clan très fermé des prétendants au titre 2010.

     

    Défilé des équipages

    C’est traditionnellement le jeudi soir que les participants aux Voiles de Saint-Tropez  rivalisent d’originalité et d’extravagance pour mener le défilé depuis le village des Voiles jusqu’au quai Jean Jaurès, dans le sillage d’un orchestre de jazz et d’artistes de rue. C’est l’équipage de Tuiga, grimé en Polynésien, qui a eu les faveurs du jury.

     

    A Cambria la Club 55 Cup

    C’était l’un des morceaux de bravoure de la journée de jeudi, la Club 55 Cup, Défi parmi les Défis, qui voit le defender vainqueur l’an passé, défier un challenger sur le parcours historique et fondateur de la Nioularge, départ au Portalet et déboulé ace au vent de sud ouest vers la Nioulargue, et une arrivée jugée à Pampelonne face au célèbre Club 55, soit une distance théorique de 15 milles. Le 23 m JI Cambria (Fife 1927) s’est imposé cette année face au cotre aurique Mariquita (Fife 1911). Vainqueur sur l’eau et à la régulière, Cambria devra néanmoins, et selon les règles très précises de la Club 55 Cup, laisser son titre de Defender l’an prochain à Mariquita. Il est en efet stipulé que la Club 55 Cup ne peut être remportée deux fois. Charge donc au cotre aurique de défier un challenger pour que perdure en 2011 ce beau moment des Voiles.

     

    Ils ont dit :

     

    André Beaufils, Président de la Société Nautique de Saint-Tropez

    “Une superbe édition, qui laisse beaucoup de bonheur à tous les marins. Je remercie toutes les équipes à terre comme sur l’eau qui ont fait un boulot formidable. J’ai beaucoup de regrets pour nos amis des voiliers Adria et Harlequin qui ont été victimes de collision. Ceci nous conforte dans l’idée d’aller encore plus loin dans la sécurité. Les Voiles de Saint-Tropez sont avant tout une fête, un grand rassemblement de sublimes voiliers, et c’est cet esprit qui doit prévaloir, y compris sur l’esprit de compétition.”

     

    Georges Korehl, Directeur de course

    “On ne peut que se satisfaire d’une telle semaine durant laquelle nous avons chaque jour validé des courses pour toutes nos catégories en lice. La météo nous a beaucoup aidé et je n’ai pas souvenir d’une si belle édition en terme de conditions de vent et de soleil. Juste un petit regret que je partage avec toute l’organisation, et qui concerne un léger excès d’agressivité de certains concurrents, notamment lors des phases de départ. Nous avions pourtant musclé davantage encore nos dispositifs de sécurité sur l’eau. Nous serons encore plus exigeant l’an prochain afin que nul incident ne vienne ternir ce qui doit rester une fête…”

     

  • #

    2011

    Les Voiles de Saint-Tropez ont fêté avec éclat le trentième anniversaire, déjà, d’un événement hors du temps qui confine parfois au rêve éveillé. Cette nouvelle semaine dédiée au yachting triomphant et, semble-t-il, éternel, a passé comme dans un rêve, tant nul ne se lasse jour après jour de voir glisser sur l’onde les plus beaux yachts nés de l’envie de bien naviguer depuis près de 140 ans. Au delà des classements et autres Trophées, on retiendra surtout la belle communion d’esprit qui a réuni les 4 200 et quelques marins, skippers ou propriétaires venus de tous les océans fêter le nautisme et remercier à leur façon Ikra, Pride, Patrice de Colmont et Saint Tropez d’avoir eu un jour de septembre 1981 cette idée simple de célébrer  dans ce golfe magique l’art de bien vivre la mer. Un flambeau repris aujourd’hui avec passion, et dans le même esprit, par la Société Nautique de Saint-Tropez.

     

    Le souffle de la Nioulargue

    « Nous aimerions que chacun se souvienne, ou apprenne, comment la Nioulargue est née » suggère André Beaufils, le président de la Société Nautique de Saint-Tropez, « lorsqu’en 1981, Patrice de Colmont, par une intuition qui le caractérise,  avait imaginé un défi sans enjeu, une régate entre une bande de copains venus se saluer à la fin de l’été avant la saison de voile suivante. » Initialement baptisée « Club 55 Cup », la régate née entre deux bateaux, Ikra et Pride devait s’étoffer, dès l’année suivante, et prendre le nom de Nioulargue. Un nom inspiré du provençal « Nioulargo »  littéralement « Nid du large » d’après un haut fond situé à 5 milles de la baie de Pampelonne et qui sert d’abri à la reproduction de multiples espèces de poissons  méditerranéens. Il est également très intéressant de souligner que c’est la régate d’origine entre un classique 12mJI et un voilier de course-croisière moderne qui a donné sa caractéristique principale à la Nioulargue, puis aux Voiles de Saint-Tropez : faire naviguer sur un même plan d’eau les bateaux de la dernière génération et ceux qui ont écrit l’histoire du yachting.

     

    L’année des yawls

    Ce fut dit-on l’un des premiers actes du Président John F Kennedy à l’amorce de son mandat, faire de Manitou le Yacht Présidentiel en lieu et place d’un puissant motor boat de 92 pieds. Kennedy adorait ce yawl de 62 pieds signé Sparkman&Stephens lancé en 1936 et que les Coast Guards avaient reçu en donation en 1955. Equipé de tous les moyens modernes de communication, Manitou fut rapidement surnommé “The floating White house” par JFK lui-même. Cinq ans après l’assasinat de Dallas, Manitou fut vendu au Harry Lundeberg School of Seamanship de Piney Point, Maryland pour 35 000 dollars. Olin Stephens avait dessiné Manitou en s’inspirant de Dorade et Stormy Weather. C’est un trio de passionnés qui s’en est rendu acquéreur à l’a ramené en Europe pour naviguer en Méditerranée. Le suédois Claes Goran Nilsson, le Néo Zélandais Phil Jordan et l’américain Pat Tierney vouent une passion culte à leur bateau. Les trois hommes et leur équipage très cosmopolite s’attachent à “apprendre” le bateau. 8ème à l’issue de cette semaine, ils promettent que dès l’an prochain, Manitou sera le voilier à battre à Saint Tropez.

    Autres “newbies”  fort appréciés cette année, Firefly, un 115 pieds néerlandais dessiné par Hoek Design et construit en 2011 au chantier Jachtbouw, la renaissance de Skylark, yawl de 53 pieds lancé en 1937 par le chantier Pendleton dans le Maine, sur un dessin Sparkman et Stephens. Skylark est considéré comme une évolution de Stormy Weather ou Sonny. On aura également été fort agréablement surpris de l’excellent comportement dans le petit temps d’un autre yawl; Runa IV, barré par Bruno Troublé ; construit en 1918 au chantier Nielsen, au Danemark,   (10m73), ce petit aurique  ne peut renier ses origines Viking. Ce racer en bois à quille longue a été sauvé de la destruction en 2009 par Yves Carcelle qui l’a ramené de San Francisco pour le faire entièrement restaurer au chantier du Guip à Brest.

     

    Le jeudi, on se défie!

    13 Défis, la régate des centenaires ont, en plus de la Club 55 Cup, animé le plan d’eau des Voiles jeudi dernier, conformément à la tradition. La direction de course et Georges Kohrel, tenant compte de l’énorme anticyclone qui baigne tout le pays, avaient dessiné un petit parcours de 6,5 milles au coeur du golfe, là où un petit flux d’est nord est avait depuis le début de la semaine pris l’habitude d’élire domicile à la mi-journée. Les différents challengers étaient ainsi invités dès midi à partir au plus près du Portalet, direction la marque de La Rabiou, puis la Sèche à l’huile à l’entrée du golfe, avant de glisser au portant vers une arrivée mouillée au ras du môle Jean Réveille.

    Mariquita et Altaïr s’affrontaient eux dans une lutte de titan sur le parcours Nioulargue Club 55 dans le cadre de la Club 55 cup. Particularité 2011 – et trentième anniversaire oblige - Ikra, avec à son bord une partie de l’équipage d’origine du 12 M et de Pride, était associé au duel. Après un joli départ sur la droite du plan d’eau, le scénario des premiers jours des Voiles se reproduisaient sur la route des géants qui dès la sortie du golfe, tombaient… en panne de vent. Le deux challengers se rapprochaient alors pour se serrer la main. Un ex aequo bien dans l’esprit chevaleresque  des Voiles était alors déclaré.

     

    Avel remporte le Trophée Rolex

    Le cotre aurique Avel (vent en Breton), caractérisé par son étrave à guibre et sa barre franche est le nouveau détenteur du Trophée Rolex. Commandé en 1896 par René Calame à Charles Nicholson, Avel fut dès le départ pensé pour la régate. En 1927, le beau cotre tombe dans l’oubli, et passe de nombreuses années dans une vasière en Angleterre. C’est Maurizio Gucci qui le sauve en 1990, confiant sa restauration à Harry Spencer et Clark Poston à Cowes. Avel rejoint en 1994 le circuit Classique Méditerranéen où il brille toujours de mille feux. Avel est le tout premier cotre aurique à remporter ce trophée de prestige.

    Trophée Les Echos/Série Limitée

     Yacht élu Prix Les Echos/Série limitée 2011 aux Voiles de Saint-Tropez : VERONIQUE !

     Trophée Paris Première :

    Le Trophée Paris Première est ouvert aux voiliers modernes dont la longueur hors tout est supérieure ou égale à 16 mètres. Le classement est établi à partir du classement des courses. Highland Fling, Irvine Laidlaw, Proto Wally 

    Régate des centenaires, Trophée Gstaad Yacht Club ;

    Journée de tous les défis, le jeudi a vu cette année  l’émergence d’une nouvelle idée venue du Gstaad Yacht Club. Peter Erzberger, Commodore of the GYC, dans une louable volonté de rapprochement avec le monde de la mer et de la régate, a choisi les Voiles de Saint-Tropez et son club organisateur, la Société Nautique de Saint-Tropez, pour proposer aux voiliers centenaires leur régate propre, dans le cadre de la journée dédiée à ce type de challenge, la journée du jeudi. Le Gstaad Yacht Club offre un Trophée au voilier vainqueur d’une course à handicap, selon les règles en vigueur du Comité International de la Méditerranée. Le yacht le plus lent part en premier, et le plus véloce en dernier. Le vainqueur fut le premier à franchir la ligne d’arrivée sous le Portalet. Le Gstaad Yacht Club, fondé en 1998 dans les montagnes suisses,  signe ainsi son rapprochement avec Saint Tropez. Le club compte 400 membres de 23 nationalités.

    L’immense flotte de beaux yachts inscrits aux Voiles comptent ainsi pas moins de 18 “centenaires”.  Victory, avec un pédigrée qui remonte à 1883 est le plus vieux, tandis que Pesa et Mariquita, nées en 1911, sont les petits derniers de ce club informellement prestigieux.

     

    Résultat :

     

    1-       Bonafide (Sibbick 1899)

    2-       Tuiga (Fife 1909)

    3-       Pesa (Oertz 1911)

    4-       Mariska (Fife 1908)

    5-       Nan of Fife (Fife 1896)

    6-       Victory (Hitchens 1883)

    7-       Kelpie (Mylne 1903)

    8-       Avel (Nicholson 1896)

    9-       Partridge (Beavor Webb 1885)

    10-    Marigold (Nicholson 1892)

    11-    Veronique (Luke 1907)

    12-    Windhover (Hambleants 1904)

    13-    Wayward (Shepherd 1908)

    14-    Owl  (Shepher 1909)

    15-    Sif (Hansen 1894)