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L'inoubliable parade des équipages Photo Rolex/Carlo Borlenghi

L’ETE INDIEN

07/10/2012

Le rêve Tropézien s’achève. La Citadelle de la Cité du Bailli de Suffren a retenti aujourd’hui des derniers éclats joyeux et festifs d’une semaine hors du temps à l’occasion de la traditionnelle remise des Prix et Trophées. Et chacun, marin, armateur, skipper ou propriétaire de s’accorder sur le caractère une nouvelle fois exceptionnel du grand rendez-vous du yachting international. Les Voiles de Saint-Tropez 14ème du nom supplante tous les superlatifs, cumulant régates réussies sur l’eau, et convivialité à terre. Cette nouvelle semaine dédiée au yachting triomphant et, semble t-il, éternel, a passé comme dans un rêve, tant nul ne se lasse jour après jour de voir glisser sur l’onde les plus beaux yachts nés de l’envie de bien naviguer depuis près de 140 ans. La magie était partout sous le chaud soleil Varois, et chacun pouvait à loisir placer le curseur de son émerveillement, de la Modernité des grands Wally et autres protos, à l’élégance des voiles et coques centenaires des yachts de tradition. Au-delà des
classements et autres Trophées, on retiendra surtout la belle communion d’esprit qui a réuni les 4 000 et quelques marins, skippers ou propriétaires venus de tous les océans fêter le nautisme et remercier à leur façon Ikra, Pride, Patrice de Colmont et Saint-Tropez d’avoir eu un jour de septembre 1981 cette idée simple de célébrer dans ce golfe magique l’art de bien vivre la mer.

La flotte des 15 M JI Photo Rolex/Carlo Borlenghi

DES DIEUX ET DES HOMMES

06/10/2012

Le vent, comme l’esprit, souffle où bon lui semble. Les dieux du vent, du soleil et de la mer se sont donc accordés toute la semaine pour faire de cette 14ème édition des Voiles de Saint-Tropez une nouvelle page à marquer d’une pierre blanche pour plus de cent ans de yachting réunis sur un même plan d’eau. Comme par magie, chaque matin, à l’heure de la sortie toujours si délicate des bateaux, le vent s’était effacé du décor, pour ne réapparaître en fraîchissant qu’au premier coup de canon. Magnanime, il soufflait ensuite avec vigueur, 25 nœuds de vent enregistrés mercredi, pour s’affaisser tranquillement à l’heure critique de la rentrée des quelques 300 concurrents au port. Les 3 comités de course, Modernes, Classiques et Wally n’ont ainsi eu chaque matin que l’embarras du choix pour tracer de Cavalaire à Saint Raphaël les parcours les plus propices à de belles régates variées. Ce sont des skippers comblés et des équipages ravis qui chaque soir ont envahi les ruelles de Saint-Tropez, propageant à terre le trop plein de bonne humeur emmagasiné en mer. Avec 8 courses validées chez les Wally, 5 chez les Modernes et 4 chez les Classiques, les Voiles de Saint-Tropez 2012 réalisent d’un point de vue purement sportif, un sans faute, et honorent de la plus belle des manières la belle histoire du yachting.

 

Dénouement chez les 15 m
C’était l’une des grandes inconnues du jour : qui de
Mariska ou The Lady Anne allait l’emporter dans le prestigieux groupe si fraîchement reconstitué des 15 M JI ? Avec seulement deux points de retard ce matin sur les anglais de The Lady Anne, les Suisses de Mariska promettaient l’enfer à leur sistership. Encore fallait-il qu’un voilier vienne s’intercaler pour garantir le triomphe Suisse. Tuiga, de retour après son interruption d’hier pour cause de réparation de la ferrure du « top mast », ne pouvait rêver d’un meilleur come back en course, puisque le voilier amiral du Yacht Club de Monaco réalisait un sans faute, départ en tête, double virement de bord pour passer la Sèche à l’Huile en tête, et déboulé au reaching à pleine vitesse vers l’arrivée en vainqueur. The Lady Anne assurait l’essentiel avec une troisième place, tandis que Mariska, partie du mauvais côté du plan d’eau, manquait totalement son affaire et terminait dernier, assurant ainsi le triomphe de The Lady Anne au classement général, et au championnat des 15 M JI. Tous les protagonistes de cette belle association de Classe reconnaissent ce soir le formidable travail effectué en seulement une année par Hispania et son jeune équipage pour maîtriser une monture pourtant bien rétive.

 

Mariquita pour un petit point devant Moonbeam
Les grands cotres auriques
Mariquita et Moonbeam ne se sont pas lâchés de la semaine. C’est le 19 M JI Mariquita qui s’impose finalement au classement général pour un petit point. Un bien bel hommage à son skipper Jim Thom. Moonbeam of Fife termine au coude à coude avec le grand ketch aurique Thendara.

Du vent et des bascules pour les Modernes
De l’air, mais version capricieuse pour les Modernes à l’extérieur du golfe. Durant toute la mi-journée, le vent majoritairement orienté Sud est n’a cessé de basculer de droite et de gauche, interdisant tout mouillage de lignes correct. Il a fallu attendre 13 heures pour que les IRC puissent enfin en découdre sur un grand triangle d’une quinzaine de milles.

Impérial Génie !
Les Wally naviguent en groupe, mais deux classements leur sont réservés, en fonction de leur taille. Ils ont validé 8 manches cette semaine.
Génie domine le groupe des 80 à 90 pieds en s’imposant aujourd’hui à deux reprises lors des parcours « bananes » du jour. Un petit accrochage a impliqué Open Season lors du deuxième départ de nouveau maîtrisé par Génie, avec Seb Audigane à la tactique. Open Season préserve sa victoire chez les « grands », devant Magic Carpet2 et J One.

Jethou sans forcer – Powerplay au bout du suspens
Le grand Swan Américain Stark Raving Madd James Madden n’aura pas de regrets ce soir. Il s’est imposé au terme du dernier parcours de la semaine. Mais
Jethou le proto 60′ signé Judel/Vrolijk était décidément intouchable et il l’emporte au général des IRC Ade 3 bons points. Joli renversement de situations en revanche chez les IRC B où Peter Cunningham, en remportant la manche du jour sur son TP52 Powerplay dame le pion à Stéphane Neve sur l’autre TP52 Spirit of Malouen VI pourtant en tête toute la semaine. Le Swan 42 Genapi d’Adalberto Miani est un habitué des podiums Tropéziens. Il s’impose de nouveau cette semaine d’un petit point face au Grand Soleil Néerlandais Eleuthera à Hervé Borgoltz pourtant vainqueur de deux manches ; Guy Curnillon place une nouvelle fois son Sly 42 Cachou sur le podium.

Association de Classe pour les 15 M JI
Ils ont bouclé aux Voiles de Saint-Tropez une première saison exceptionnelle, comprenant les régates Impéria et Cadix ; « ils », ce sont les quatre magnifiques 15 m JI,
Tuiga, Mariska, The Lady Anne et Hispania, tous centenaires, tous nés du crayon du maître William Fife, et tous magnifiquement restaurés dans leur splendeur d’origine. A l’initiative de Bernard D’Alessandri, Secrétaire Général du Yacht Club de Monaco qui arme Tuiga, les quatre grands cotres auriques se sont réunis en association afin d’œuvrer ensemble à l’ouverture et au développement de cette classe : « Nous travaillons tous harmonieusement pour avancer dans la cohérence » explique Bernard D’Alessandri, « tant en ce qui concerne la définition et l’harmonisation des calendriers. Nous sommes à cet égard tombés d’accord pour 2013. Mais nous souhaitons également aller plus loin dans les échanges en matière de connaissance technique, de problème de jauge, d’améliorations etc… L’entraide entre les teams fonctionne déjà à plein. Nous souhaitons enfin promouvoir cette classe, afin d’encourager les initiatives de passionnés qui souhaiteraient construire une réplique ou faire revivre un 15 m… ». On n’a donc pas fini de voir régater bord à bord ces quatre magnifiques cotres.

 

Ils ont dit :

Sébastien Audigane, Wally Génie
« On gagne les deux manches du jour, et du coup le général. Nous sommes ravis. Cette dernière journée n’était pas facile avec un vent de  7 – 8 nœuds très oscillants. Il fallait réussir les départs pour partir bien dégagés de la flotte. C’est ce que nous avons réussi à faire à deux reprises. Ensuite, il fallait bien lire le plan d’eau et anticiper les bascules du vent qui prenait beaucoup de droite… »

 

Nicolas Lunven, Raffale (MC 38)
« Les Voiles se terminent de manière anticipée pour nous puisque sur ennui mécanique nous avons jeté l’éponge jeudi soir. C’est décevant pour le propriétaire car le bateau a montré de superbes qualités de vitesse. Il a besoin de fiabilisation. J’ai été heureux de découvrir la magie des Voiles. Le spectacle st ici permanent, dans des conditions de navigation idylliques. Un bonheur pour un amoureux de la mer et des bateaux…»

 

Yachts extraordinaires :

Hispania
Le 15 Metre Class International
Hispania dessiné par William Fife fut commandité en 1909 sur ordre de sa majesté le roi Alphonse XIII. Après une carrière très pleine de succès et d’aventures maritimes dans tous les ports espagnols, le beau Fife est tombé dans l’oubli et a passé 30 ans comme ponton en Angleterre. C’est l’historien des Yachts classiques William Collier, qui, avec l’aide de Jonathan Syrett de chez Camper et Nicholson qui ont retrouvé le yacht dans un état déplorable, sans quille et enterré dans la vase. La Réal Fundacion Hispania s’est battue durant 11 ans, et a dépensé 3 millions d’Euros pour le reconstruire. La restoration a débuté aux chantiers Astilleros de Mallorca en 2004, en coopération avec Fairlie Restoration. Comme chacun sait, Hispania est le sistership de Tuiga, The Lady Anne et Mariska avec qui il navigue dorénavant.

Pour mémoire, Hispania est le nom que les romains ont donné à la péninsule ibérique.

 

Aschanti IV of Vegesack

L’architecte allemand Henry Gruber a dessiné une goélette bermudienne rapide et racée. Construite en 1954 au chantier, Ernst Burmester à Brême, elle multiplie les apparitions en Méditerranée aux mains de ses propriétaires italiens. Avec un pont et des superstructures en teck de Birmanie, les mâts et les bômes en spruce du Canada , Henry Gruber a réalisé un bateau à la fois luxueux et compétitif en régates. Il a plusieurs fois hésité sur le nom du bateau, le yacht a été enregistré sous le nom de Marie Pierre, puis Ashanti of Saba avant d’être définitivement baptisé. L’architecte d’intérieur Dee Robinson a réalisé tous les aménagements.

 

Emilia

Le cotre Bermudien Emilia attire les objectifs sur le plan d’eau de Saint-Tropez, et pas seulement parce que le chanteur Québécois Robert Charlebois navigue à bord. Rapide, élégante, Emilia brille sur tous les plans d’eau Méditerranéens. L’histoire d’Emilia commence en 1929, quand les Chantiers Costaguta de Gênes-Voltri commencent la construction d’un 12 Mètres Jauge Internationale, la second en Italie, d’après les plans de l’ américain Lewis Francis Herreshoff, fils de Nathanael Herreshoff. Mis à l’eau le 16 septembre 1930, ce splendide et rapide schooner participera pendant 10 ans à des régates-croisières en Méditerranée, très en vogue à l’époque. Depuis 1950 le yacht navigue entre Portofino et la Côte d’Azur. Il s’établit ensuite dans les eaux vénitiennes et yougoslaves, jusqu’à ce qu’en 1988 une noble Piémontaise lui redonne son charme originel. L’armateur actuel lui a offert une nouvelle restauration en 1998/99. Emilia continue à offrir les mêmes émotions que celles des jours glorieux du yachting, elle est aujourd’hui admirée comme alors. Emilia est le second « 12 mètres » construit en Italie. Le premier était « La Spina », fabriquée par Baglietto de Varazze. La Classe des 12 mètres, créée en 1906, a été support de la Coupe de l’America de 1958 à 1987.

 

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs…

 

Les adieux de Jim
Le Britannique Jim Thom est le skipper attitré du grand cotre aurique
Mariquita, dessiné par Fife en 1911. Il effectuait aujourd’hui aux Voiles sa dernière sortie à bord de son cher cotre aurique. Mariquita change de propriétaire et Jim ne présidera plus aux destinées de ce survivant de la classe des 23 m JI. C’est pour lui rendre hommage, que quelques minutes avant les procédures de départ de la régate du jour, tous les beaux voiliers de la grande classe classique se sont réunis autour de Mariquita ; un grand moment d’émotions qui traduit plus que tout beau discours le respect, l’estime partagé des gens de mer…

Cachalots…
Les pêcheurs qui participent en tant que bénévoles à l’énorme logistique sur mer comme sur terre de l’organisation des Voiles vous le diront ; de gros mammifères marins s’intéressent aussi aux belles coques qui fendent l’onde du golfe. Hier encore, et au beau milieu du parcours, un cachalot long de 15 mètres est ainsi venu plonger devant l’étrave des bateaux…

 

Edition…

Une saison classique 2012 – Odile Boyé-carré et Patricia Lascabannes
Odile et Patrica nourrissent toutes deux la même passion pour les Voiles de Saint-Tropez, née à l’époque de la Nioulargue. Elles ont unis leur passion et leur travail l’a n passé dan sun premier ouvrage intitulé « Une saison classique », qui réunissait le meilleur de leur travail sur les yachts classiques en Atlantique comme en Méditerranée. Une saison Classique 2012 se présente sur le même principe, le regard croisé de deux photographes de mer, de deux femmes habitées de la même passion pour conter en image la magie des régates de yachts classiques. 96 pages, disponibles à la souscription.
www.boye-carre.com et www.lascabannes.com

 

Lexique…
Balestron : espar qui sert à tendre une voile.
Sur une voile à livarde, le balestron (appelé ici livarde) est un espar placé en diagonale pour tendre la voile.Sur le flèche d’un gréement à corne, la bordure peut être prolongée d’un balestron qui déborde le pic de la grand-voile. On appelle également balestron l’espar au moyen duquel on maintient hors de ses bossoirs une embarcation prête à être amenée.
A l’origine, le balestron est la vergue intermédiaire au milieu des huniers, à l’origine des huniers fixes et volants.

 

Flèche : partie supérieure effilée d’un mât composé.
Le flèche (ou voile de flèche) désigne la voile triangulaire ou quadrilatérale placée dans l’espace libre entre la corne d’artimon et le mât de hune d’artimon. Elle peut être en une seule pièce ou en deux, pour éviter de raguer sur le martinet, ou la suspente de corne. Si la voile est quadrangulaire elle possède elle-même une vergue ou corne. On appelle barres de flèche les pièces de bois ou de métal qui écartent les haubans du mât et confèrent à celui-ci une meilleure tenue lorsqu’il est soumis à des contraintes importantes.

 

Houari : voile à corne apiquée, au point de ressembler parfois à une voile bermudienne.

 

Le partenaire du jour : SFS

Le Groupe SFS est un des partenaires officiels de la Société Nautique de Saint-Tropez. Il soutient les événements phares de la SNST, les 900 Nautiques, la Coupe des Dames et naturellement, les Voiles de Saint-Tropez. Pour la première fois cette année, SFS est présent dans le « Village des Voiles » où, en compagnie de Lionel PEAN, nous faisons revivre les « 900 Nautiques 2012 » remportés par Imagine by SFS.

Securities & Financial Solutions (SFS) est une société de courtage et de conseil en assurance et réassurance. Spécialisée dans l’assurance construction avec le statut de mandataire de compagnies.SFS a su développer des programmes adaptés et souples, permettant à sa clientèle de bénéficier de couvertures optimales avec un tarif parmi les plus performants du marché.SFS, avec un réseau de plus de 40 agences, propose un service et un suivi personnalisé aux professionnels de l’immobilier, aux entreprises du bâtiment et aux particuliers.SFS, est aussi l’interlocuteur privilégié des Courtiers en assurances pour tous produits performants destinés à couvrir les risques liés aux métiers du bâtiment.

Toujours du vent à Pampelonne pour les Wally ! Photo Jean-Louis Chaix

DANSE AVEC LES VOILES

05/10/2012

Tendre vers la perfection est une aspiration génétique chez les marins ; ils la traquent dans toutes les composantes techniques de leur métier, et dans toutes les configurations de navigation offertes par la nature. Les Voiles de Saint-Tropez, par l’expertise de ses trois comités de course dédiés à chaque catégorie en lice, a ciselé aujourd’hui les conditions d’une nouvelle journée idéale, avec dans l’ordre d’apparition au générique du grand spectacle multidimensionnel, le soleil, le vent fraîchissant de Sud Ouest, l’onde clapoteuse du golfe si clair, et les départs cadencés sous le Portalet de 6 classes plus éblouissantes les unes que les autres, et l’élan des Modernes devant Pampelonne. Passés les premiers bords certes lymphatiques mais ô combien stratégiques au fond du golfe, la grande sarabande des beaux classiques gîtés sur la houle pouvait débuter, pour trois heures et 14 milles de régate comme dans les rêves, parsemés de croisements de toutes formes de gréements et de longs bords à bords des coques les plus élancées créées voici plus d’un siècle par les Maîtres de l’architecture navale. Dans chaque classe, au lendemain d’une journée plus récréative consacrée aux Défis, on jouait son va-tout pour les accessits, et les empoignades entre Cambria et Mariquita chez les grands classiques, Mariska et The Lady Anne chez les 15 m JI ou Avel, Nan of Fife et Victory donnaient au spectacle purement visuel toute son intensité sportive.

 

The Lady Anne confirme
En l’absence de
Tuiga toujours retenu à Cogolin par la réparation de sa ferrure de « top mast », et dont on espère le retour en course demain, la lutte au sein du groupe des 15 m JI s’est circonscrite à un mano a mano etre un Mariska revanchard et les Britanniques de The Lady Anne décidément très incisif depuis le début des Voiles. Hispania toujours en lice pour un accessit choisissait de partir vers Sainte-Maxime alors que le vent de Sud Ouest peinait à s’établir dans le golfe ; c’est du côté des Canoubiers que Mariska et The Lady Anne jouaient gagnant. Ils touchaient en premiers la pression et s’envolaient vers les Issambres, dans le sillage des grands Classiques partis quelques minutes auparavant. « On a eu un trou d’air à l’entrée du golfe » explique Louis Heckly, navigateur de Mariska ; « Et The lady Anne nous a irrémédiablement lâché ». A l’aise à toutes les allures, remarquablement efficace dans ses choix de roue, The Lady Anne ouvrait la marche tout au long des marques de passage en bordure du golfe, et déboulait en tête sous le Portalet. Le plan Fife de 1912 terminait bord à bord avec les inséparables Mariquita (Goélette aurique Fife 1911) et Cambria (Fife 1928), le grand cotre marconi, dominateurs dans leur groupe. The Lady Anne abordera demain la dernière journée avec un petit avantage sur Mariska qui devra non seulement l’emporter, mais espérer qu’un voilier s’intercale devant le 15 m JI Britannique pour espérer gagner le général.

 

Des Wally en appétit
Un parcours de type banane en apéritif, suivi d’un plat de résistance copieux, avec un beau parcours au large du golfe dans un bon flux de Sud Ouest idéal en force, entre 12 et 15 noeuds et en stabilité, pour permettre aux grands Wally d’allonger leurs majestueuses foulées au large de Pampelonne.
Hamilton continue sa démonstration de force, aidé par un équipage inspiré qui ne fait pas d’erreurs. Et derrière, Génie ne lâche rien, signant une victoire et une seconde place aujourd’hui, pour revenir dans le sillage de Dark Shadow au général provisoire…

 

Les leaders confirment chez les Modernes
Après un départ dans un vent de secteur Sud pour une dizaine de nœuds, les voiliers Modernes ont eux aussi bénéficié d’un renforcement du vent, et c’est dans une quinzaine de nœuds que tous les protagonistes ont livré bataille. Dans chacun des 5 groupes IRC, cette quatrième journée de course a vu les leaders confirmer, et la hiérarchie, au terme de 4 manches déjà validées, s’affirmer. Ainsi chez les grands IRC A, le formidable
Jethou de Peter Ogden enfonce t’il le clou avec une nouvelle victoire, en temps réel comme en temps compensé. Il domine de nouveau le maxi italien My Song et relègue à 7 longueurs les américains de Stark Raving Mad. Si le Grand Soleil Marseillais Bella Donna l’emporte aujourd’hui dans la brise, c’est toujours le TP 52 Spirit of Malouen IV qui domine le général provisoire, 3 petites longueurs devant le GP 42 Team Vision Future. Le Sly 42 Tropézien Cachou règne en ses eaux en IRC C devant un autre local, le Swan 42 Genapi. Un petit point sépare ces deux « frères ennemis » qui devront se départager demain.

 

Ils ont dit : Robert Charlebois

Robert Charlebois est aux Voiles. Le célèbre chanteur Québécois sacrifie à sa nouvelle passion, le croirez-vous, la voile ! Lui qui a si souvent chanté les avions (Les Ailes d’un ange, Lindbergh…), découvre avec un plaisir non feint et non dissimulé les milles et uns plaisirs de la navigation. Et pas n’importe quelle navigation puisqu’à l’invitation des propriétaires italiens et québécois du yacht Emilia, le fin et racé 12 m JI signé Costaguta lancé en 1930, il effectue aux Voiles de Saint-Tropez sa quatrième sortie en tant qu’équipier. « Je suis fou de ça ! s’exclame-t’il à l’arrivée de la somptueuse régate du jour. « Je n’ai jamais vu un tel spectacle ! C’est éblouissant, et vu du bord, cela rend terriblement humble. J’apprends tout doucement. On m’a mis aux bastaques. Je dois être concentré au maximum pour ne pas faire de bêtise. Mais je prends un plaisir indicible, plein la vue, plein les poumons, plein d’émotions. Cela me donne des idées pour une prochaine chanson, « la femme du vent », tant j’emmagasine d’images… »

Alain Gautier, navigateur océanique, Vainqueur du Vendée Globe
Alain Gautier est de passage aux Voiles où il compte beaucoup d’amis. Il pourrait même naviguer demain à bord de
Mariska, le 15 m JI Suisse.
« Je suis complètement acquis aux Voiles ; je connaissais la Nioulargue que j’ai “pratiqué” à 6 ou 7 reprises dans les années 80. On est venu ici en multicoque, sur des Swan 86… C’est toujours un bonheur ! Question spectacle, c’est un bonheur. Avec les conditions que l’on connait ces jours-ci, c’est vraiment fantastique! On retrouve les copains car il y a beaucoup de monde pour faire marcher toutes ces belles machines. J’adore tous les types de voiliers qu’on rencontre ici, des Wally aux Classiques. On prend ici une belle « tartine » de belles choses. Les Voiles, c’est un plaisir ! J’aime naviguer vite, certes, mais j’aime naviguer sur tous les beaux bateaux. Je fais beaucoup de courses de voitures anciennes et on retrouve aussi beaucoup d’anglo-saxons qui ont cette culture de maintenir l’histoire en marche, comme dans la voile. Mais ils ne sont pas les seuls ; on retrouve en France bien sûr mais aussi chez nos amis Suisses ce souci de prolonger la vie de ces beaux bateaux. Le professionnalisme a un peu tué l’esprit festif dans la course au large. L’après course a un peu disparu depuis une dizaine d’années. C’est la rançon du professionnalisme. A Saint-Tropez, j’ai de grands souvenirs de fêtes, car dormant à bord des bateaux, il n’y avait jamais loin du Papagayo à la bannette… »

 

Yachts extraordinaires :

Baltic 50

Ils brillent aux Voiles, caracolant en tête des IRC D catégorie voiliers Modernes, les deux Baltic 50 Suisses Music (Huber Ruedi) et Gordon’s à Jurg Koenig ; A l’instar des Swan, les Baltic se positionnent à mi-chemin entre la plaisance et la course. Baltic fait pour cela appel à différents designers dont l’américain Bill Tripp pour ce 50 pieds très performant. Les voiliers sont construits en Finlande.

 

Ker contre TP

Le designer naval Britannique Jason Ker a dessiné deux superbes racers qui livrent aux Voiles une lutte acharnée aux TP52 dans la catégorie des grands IRC B. Aux mains des talentueux skippers allemands Jens Killinghusen et Pit Finis, Varuna, le KER 51 et Dralion le Ker 53 tiennent la dragée haute à Spirit of MalouenVI et Powerplay en tête du général provisoire. Dénouement samedi.

 

Arcadia, la marque d’Olin…

Arcadia, le joli sloop de moins de 13 mètres qui remporte quasiment toutes les courses auxquelles il participe, Cannes, Antibes. Et Saint-Tropez risque de ne pas faire exception puisqu’il domine de la tête et des franc-bords le groupe des Marconi A, avec déjà deux victoires. Un des secrets de sa réussite, son créateur de génie, Olin Stephens, auteur de tant de yachts à succès…

Olin Stephens se disait “chanceux d’avoir un but dans la vie”. Cet Américain, s’était tôt découvert une vocation d’architecte naval qui lui fit dessiner plus de 2 200 bateaux, de course ou de plaisance, à voile comme à moteur. « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu dessiner des bateaux rapides », expliquait-il. Né en 1908 à Harlem dans l’Etat de New York, le garçon, fasciné par la technologie, passait l’année à dévorer des revues de yachting et ses vacances à naviguer à Long Island ou à Cap Code dans le Massachusetts sur les bateaux de son père, un marchand de charbon, en compagnie de son frère Roderick.

Ce dernier opta pour le métier de constructeur de bateaux et intégra un chantier naval, tandis qu’Olin Stephens s’inscrivit au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Une jaunisse obligea le jeune homme à quitter le prestigieux établissement dès la première année. Mais s’il regretta toute sa vie la formation de haute qualité qu’il comptait y acquérir en matière de mathématiques et d’ingénierie, sa carrière n’eut jamais à en souffrir.

Cet intuitif surdoué n’avait que 19 ans lorsque ses premiers dessins de bateaux de régate de 6 mètres suscitèrent l’intérêt du milieu de la voile de la Côte est américaine. Il travaillait par ailleurs secrètement au plan d’un voilier susceptible de disputer un jour la Coupe de l’America. Son génie, une fois identifié par les magnats habitués de l’épreuve, fut durablement satisfait. Entre 1937 et 1980, les créations d’Olin Stephens remportèrent huit des neuf éditions de ce duel naval mettant en jeu le plus ancien trophée sportif au monde.

A l’âge de 21 ans, Olin et son frère s’étaient associés avec le courtier Drake Sparkman pour créer la société Sparkman and Stephens. Dans la foulée, ils avaient lancé Dorade, un voilier de course océanique de 52 pieds (environ 16 mètres) qui s’imposa d’entrée dans une course transatlantique ainsi que dans la classique du Fastnet en mer d’Irlande. La préférence de Stephens allait aux carènes étroites et aux quilles longues, plus performantes au louvoyage, et il navigua en course, sur ses créations, le plus souvent possible.

Convaincu que « dans la vie, tout est question d’équilibre », comme il l’a noté dans l’autobiographie qu’il publia à l’âge de 90 ans, Olin Stephens peignait et jouait du piano avec ferveur.

Durant les années de guerre, cet amoureux des belles lignes esthétiques remporta un marché lancé par l’armée américaine pour un véhicule amphibie ; ainsi naquit le DUKW, qui allait s’illustrer lors des grandes opérations amphibies de la seconde guerre mondiale

 

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs…

 Défilé des équipages…

Une quinzaine d’équipages a littéralement mis le feu sur les quais du port de Saint-Tropez à l’occasion du défilé des équipages. Les surprises étaient au rendez-vous et les marins ont fait preuve d’imagination et de créativité pour se grimer, qui sur les thèmes de Star Wars, qui en Bigoudennes, qui en WACs, d’autres encore en disciple de Bacchus grimpé sur un tracteur. Le Jury a choisi de récompense à la Ponche l’équipage de Saint Barth, pour sa fantaisie et son excentricité…

 Edition…

Philippe Poupon et Géraldine Danon, « Sur la route des Pôles » éditions Gallimard

Les frères Poupon sont aux Voiles : Luc navigue avec ses amis de Sojana et prépare activement l’édition 2013 des Voiles de Saint Barth, tandis que Philippe y présente son dernier livre, fruit de sa dernière expédition à la voile vers les pôles ; Désireux de mettre leur expérience et leur passion de la mer au service de la protection de la planète et des océans, Philippe Poupon et son épouse Géraldine Danon ont imaginé une expédition d’observation transocéanique à bord d’un voilier de 20 mètres, Fleur Australe. Après une première aventure en 2009 où ils ont réussi à franchir en famille (avec leurs quatre enfants et leur chien) le redouté « passage du Nord-Ouest » (de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par le nord du continent américain), ils sont repartis pour une nouvelle expédition de trois ans. Le voilier a quitté l’Alaska en juin 2010 pour rejoindre le pôle sud en longeant les côtes américaines, en rejoignant l’Australie par les Marquises, la Polynésie, la Nouvelle- Calédonie et la Nouvelle-Zélande. Tels des oiseaux migrateurs, bataillant avec la banquise, croisant des ours polaires, des baleines grises et des requins, surfant sur la houle du Pacifique, plongeant dans les lagons de la Polynésie, slalomant entre les icebergs de l’Antactique, la petite tribu découvre, émerveillée, les lumières du grand nord et les douceurs des tropiques avant d’affronter les redoutables tempêtes des quarantièmes rugissants.

 

Le saviez vous ?

Le premier des 15mJI construit est le plan Mylne (1907) Ma’oona et le dernier réalisé fut Isabel-Alexandra, un plan de Johan Anker (1913), le père du Dragon… Il n’y eu finalement que dix-neuf 15mJI mis à l’eau : Shinna (Fife 1908), Mariska (Fife 1908), Ostara (Mylne 1909), Vanity (Fife 1909), Tuiga (Fife 1909), Hispania (Fife 1909), Anémone II (Chevreux 1909), Encarnita (Guédon 1909), Jeano (Mylne 1910), Sophie-Elizabeth (Fife 1910), Paula II (Mylne 1910), Senta (Oertz 1911), The Lady Anne (Fife 1912), Istria (Nicholson 1912), Maudrey (Fife 1913), Paula III (Nicholson 1913), Pamela (Nicholson 1913). Mais il ne reste plus en état à ce jour que Mariska, Tuiga, Hispania et The Lady Anne

 

Lexique…

Brigantine : voile aurique hissée sur le mat d’artimon des voiliers gréés carrés, et sur tous les mats des goélettes et des cotres anciens. De forme aurique (de trapèze irrégulier), elle est enverguée, en bas, sur la bôme et, en haut, sur la flèche ou corne de brigantine.

Foc : voile d’avant de forme triangulaire.

Ketch : voilier aurique à deux mâts. Le deuxième plus petit, est situé derrière le premier.

Mât d’artimon : mât le plus en arrière d’un voilier qui en comporte deux ou davantage. Son rôle principal est de porter une ou plusieurs voiles permettant au navire de lofer, c’est à dire de remonter au vent.

Mille nautique : Il vaut 1 852 mètres, soit la longueur moyenne d’une minute d’arc de grand cercle terrestre à n’importe quelle minute de latitude représentée par un méridien sur la carte marine. Le degré de latitude vaut donc 60 milles. A ne pas confondre avec le mile anglais, qui mesure 1 609 mètres.

Yawl : Le yawl est un voilier à deux mâts dont l’artimon (mât arrière) a l’emplanture en arrière de la mèche de safran. Autrement dit, l’implantation du mât d’artimon, de plus petite taille que le mât principal, se situe à l’extrême arrière du pont, derrière l’axe de rotation du safran (partie mobile immergée à l’arrière du bateau servant à le diriger et fautivement appelée gouvernail). L’artimon du yawl est appelé tapecul.

 

Le partenaire du jour : Sillinger

Pour la quatrième année consécutive Sillinger est présent en tant que fournisseur officiel des Voiles de Saint-Tropez. Cette année, le partenariat avec les Voiles a pris un nouvel essor avec le lancement d’une gamme « série limitée Voiles de Saint-Tropez » : le semi-rigide qui fait sensation depuis cet été à Saint-Tropez et au large des plages les plus en vue de l’hexagone. Le fabricant de semi-rigides Sillinger, bien connu pour ses bateaux pneumatiques à usage professionnel et ses unités de sécurité en mer, est lié par un partenariat avec la Société Nautique de Saint-Tropez. Ce partenariat porte sur l’assistance et l’encadrement des régates suivantes :

Les Voiles de Saint-Tropez – Les Voiles d’Automne – Le Festival Armen – La Coupe de l’Hippocampe – Les Voiles Latines- Giraglia

Le rôle des bateaux Sillinger est de permettre aux équipes de sécurité d’encadrer les courses, assurer les déplacements en mer des organisateurs et enfin permettre aux journalistes de vivre au plus près l’événement. Sillinger offre ainsi à la SNST des produits sécurisants et robustes. Quant à la marque au requin elle s’offre l’opportunité de faire découvrir à un grand nombre de passionnés de la mer des bateaux haut de gamme.

Au total 15 semi-rigides (du 5.80m au 9.50m) estampillés du requin emblématique de la marque naviguent aux côtés des yachts classiques et des voiliers modernes afin d’aider les organisateurs dans l’assistance et la sécurisation des courses qui ont lieu chaque jour.

Grâce à ce partenariat, Sillinger souligne son attachement au monde du nautisme : Modernité, Qualité, Sécurité et Précision, autant d’excellentes raisons de s’associer à la SNST, organisatrice de cette régate d’exception.

www.sillinger.com 

Magnifiques Elena, Cambria et Thendara Photo Charles Marion

OH HAPPY DAYS !

04/10/2012

13 heures 05. C’est sous un chaud soleil, et dans un vent de secteur Sud-Ouest fraîchissant de départ en départ qu’a débuté cette journée hors norme des Voiles de Saint-Tropez. Une bonne quinzaine de défis avaient été lancés la veille de capitaine à capitaine, de propriétaire à propriétaire, et la direction de course s’était entièrement mise à la disposition des régatiers pour assurer des procédures de départ sans faille, et des parcours comme à l’accoutumé parfaitement millimétrés. Le programme, ainsi concocté par les régatiers eux-mêmes, était des plus alléchants ; on relèvera pour l’histoire la formidable empoignade des géants Maxi yachts Med Spirit, Firefly, My Song Solleone et Sojana. Tout aussi excitant le déboulé plein de poésie sous le Portalet des 8 mètres, Aile VI, Helen, France et Rhéa. Très attendu le défi des 15 m JI qui ne faillissaient pas à leur réputation, gîtés au maximums et au ras des cailloux dans un bord à bord décoiffant d’élégance et de magie. Manitou versus Blue Peter, Sovereign contre Ikra… on vous le dit, les grandes heures du yachting resplendissent à Saint-Tropez.

Club 55 Cup
Parce qu’elle a constitué en septembre 1981 l’événement initiateur de la Nioulargue, et depuis 1999 des Voiles de Saint-Tropez, la Club 55 Cup, en célébrant l’esprit de la régate, est un temps fort de la semaine Tropézienne. Le défi lancé en 1981 par Jean Rédélé sur
Ikra et Dick Jayson sur Pride revit ainsi chaque année sous la forme d’un duel qui oppose sur le parcours « historique » du Portalet à la bouée du Club 55 à Pampelonne un « Defender » à son « Challenger ». Et afin que chacun s’imprègne de l’histoire, tous les voiliers ont depuis, la liberté de lancer le défi de son choix. La Club 55 Cup inaugurait dès midi la longue série des départs des « duellistes » sous le Portalet, pour un grand triangle d’une dizaine de milles autour du golfe.

La Club 55 Cup n’a depuis sa renaissance en 2003 connu que 5 vainqueurs, Ikra (12 m JI) en 2003 et 2004, The Blue Peter (côtre bermudien Mylne 1930) en 2005 et 2006, Lucia (yawl Bermudien 1940) en 2007 et 2008 , Cambria en 2009 et Mariquita en 2010. Ce duel singulier, au coeur de la semaine des Voiles, est plus qu’une commémoration, un véritable hommage à l’esprit de la régate telle qu’elle était pratiquée au siècle dernier, quand, dans un simple élan de compétition amicale, deux capitaines se lançaient pour l’amour du jeu, un défi pourvu du seul enjeu du plaisir d’opposer et de comparer sur l’eau les performances d’un yacht et de son équipage. Le 19 M JI Mariquita tentait aujourd’hui de défendre son titre glané il y a deux ans face à Cambria. Un duel hors norme lui était proposé puisque c’est la goélette Altaïr qui se posait en Challenger. En effet, la rencontre programmée l’an dernier n’ayant pas pu arriver à son terme faute de vent, les capitaines avaient décidé de la reconduire cette année dans le plus pur esprit chevaleresque. Et c’est Altaïr qui s’est imposé à Pampelonne.

Le Trophée des Centenaires…
Le « Centenary Trophy », seconde édition, créé à l’initiative du Gstaad Yacht Club, en partenariat avec la Société Nautique de Saint-Tropez, a réuni 20 vénérables yachts classiques. Ils se sont élancés depuis le Portalet pour une grande boucle dans le golfe de Saint-Tropez de près de 11 milles. Les voiliers sont partis à tour de rôle en fonction de leur taille et de leur jauge. C’est ainsi
Lulu 1897, le cotre aurique signé Thomas Rabot et construit au chantier Texier à Argenteuil en 1897, qui a ouvert le ban. Victory, le petit cotre aurique lui aussi, datant de 1883, est à la fois le plus ancien, et aussi le plus petit avec ses 12 mètres hors tout. C’est le grand cotre signé Fife Mariquita qui clôturait la ligne de départ, avec ses 38 mètres hors tout. Le trophée est une coupe signée Wakely et Wheeler de Londres. Il a été remis ce soir au vainqueur Marigold, le cotre aurique de Charles Nicholson. Le redoutable plan Sibbick Bona Fide le seconde, suivi d’un autre aurique, Oriole du maître Herreshoff. Arrivaient ensuite les 15 m JI, emmené par les Britanniques décidément très en verve à Saint Tropez de The Lady Anne. Mariska une nouvelle fois pénalisée par son départ en second rideau complète le trio des 15 m JI, Tuiga victime d’une avarie (voir ci dessous) n’ayant pu finir le parcours.


Blue Bird Cup

Tara Getty est l’heureux propriétaire de trois yachts présents à Saint-Tropez ;
Thalitha, yacht à moteur de 80 mètres et lancé en 1927, Blue Bird, magnifique motoryacht datant de 1938, et le ketch marconi Skylark, qui régate au voile. Tara Getty avait l’an passé, et lors de la journée des Défis, challengé le plan Olin Stephens Argyll qui l’avait emporté. Revanche cette année, puisque Skylark l’a emporté de 3 petites minutes. Dans la plus pure tradition du yachting, les deux équipages se sont retrouvés à déjeuner à bord de Talitha, où Tara et Jessica Getty se sont vus remettre la Blue Bird Cup par l’acteur Griff Rhys Jones. Tara Getty s’est déclaré ravi de cette journée : « Ce fut une confrontation fantastique bord à bord, entre deux merveilleux yachts et équipages. C’est vraiment génial de remporter ce trophée en compagnie de ma femme et de mes enfants… »
Construit chez Pendleton Yard dans le Maine (USA),
Skylark est le sister-ship légèrement amélioré de Stormy Weather, d’Avanti et de Sonny, lancé en 1937 sur plan Sparkman & Stephens

Petit incident sur Tuiga
Le beau
Tuiga, auteur d’un somptueux départ entre Hispania et Mariska, est repassé devant le Portalet toutes voiles affalées. Un incident mécanique est venu contrarier sa régate si attendue au sein des quatre 15 m JI. La ferrure métallique qui assure la liaison entre le mât et le top mast, et sur laquelle sont accrochés les haubans, s’est brisée. Il a fallu toute l’expertise de l’équipage pour déceler à temps cette faiblesse et sécuriser le bateau en affalant rapidement toutes les voiles. Tuiga a immédiatement fait route vers le chantier de Cogolin où il sera démâté. La ferrure défaillante sera retirée et ressoudée. Une opération longue et délicate que tout l’équipage du voilier va s’attacher à accomplir en temps et heure pour pouvoir se présenter demain sur la ligne de départ des Voiles….

 

Equipages en fête…
14 équipages avaient répondu aujourd’hui à l’invitation des animateurs des Voiles pour participer au fameux défilé des équipages. Partis du Village des Voiles, c’est une bande bruyante, joyeuse et bigarrée qui s’est frayée péniblement un chemin vers la Ponche au milieu d’une foule compacte, précédée du bagad de Lann Bihouet, et des clowns du cirque Monégasque.

 

Elles sont aux Voiles…
Les défis du jeudi se sont déroulés dans d’exceptionnelles conditions de vent, de soleil et de mer. Les magnifiques goélettes à trois mâts qui mouillent devant l’entrée du port durant les Voiles ne s’y sont pas trompées et ont ravi les amoureux de beaux yachts en navigant toutes voiles dehors au cœur du golfe. On a ainsi pu admirer à loisir
Creole (Goélette trois mâts de 64 mètres dessinée par Charles Nicholson) et Atlantic, réplique de la goélette de Charlie Barr.

 

Ils ont dit :

Jean-Pierre Dick, skipper océanique, engagé dans le Vendée Globe 2012
“Les Voiles de Saint-Tropez, c’est le rendez-vous des amoureux de la mer et de bateaux. Cela reste pour moi la plus grande fête de la voile, le bonheur de se retrouver en fin de saison, ensemble pour communier autour du nautisme. Etre entre marin pour faire la fête et regarder les beaux bateaux. J’ai eu l’occasion de naviguer sur
Nan of Fife et Lady Trix, mais je crois que je préfère les voir naviguer… Mon truc, c’est plus les bateaux modernes, comme aujourd’hui où j’ai navigué sur Paprec, le TP 52, en équipage de surcroît. Ce fut d’autant plus super que je m’apprête à partir 3 mois en mer pour le Vendée Globe en solitaire. C’est bien de fêter mon départ ici par une belle fête. Le Vendée Globe, cela doit devenir obsessionnel pour pouvoir se gérer. Je me suis accordé cette journée car il faut savoir se relaxer. Il est important d’être frais dans sa tête pour partir autour du monde.” 

Yachts extraordinaires : Runa IV
Runa-IV est un yacht de régate de 10,40m, déniché en Californie par Bruno Troublé pour le Président de Louis Vuitton,Yves Carcelle
. Le navire, construit en 1918 au Danemark suivant les plans de Gerhart Ronne, célèbre architecte Danois qui a dessiné sept Runa au début duXXe siècle. C’est le chantier du Guip à Brest qui s’est chargé de le remettre en état de navigation. Le bateau a dû être entièrement désossé. Une à une, les côtes ont été reprises et chaque pièce a été sculptée par les charpentiers du chantier. Construit par M. Nielsen  à Skovshoved (Danemark) (longueur : 10,70m, largeur : 2,40m, tirant d’eau : 1,60m)

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs…
Thomas Coville et son Maxi trimaran
Sodebo sont en Méditerranée. Thomas a en effet en septembre dernier établi un temps référence en solitaire et en multicoque entre Marseille et Carthage en Tunisie. Il profite à présent des rivages Méditerranéens et de la clémence du temps pour naviguer en équipage et avec des invités de son partenaire. Il découvre les Voiles de Saint-Tropez de la meilleure des manières, de l’intérieur, hors course, au plus près de toutes les classes en lice, Modernes ou classiques. Entretien : “J’avais depuis longtemps beaucoup entendu parler des Voiles. Mais cela me paraissait très loin de mon univers. je dois avouer que je suis subjugué, éberlué par ce que je vois cette semaine. Le nombre bien sûr est époustouflant, mais la beauté de tous ces voiliers m’émerveille totalement. C’est vraiment une idée formidable de réunir tous ces style et toutes ces époques de bateaux. On ne peut être qu’interloqué par tant de merveilles, mais aussi par l’habileté, le talent et la passion qui anime tous ces bateaux. Rien d’ostentatoire ici, bien au contraire. C’est le respect qui semble dominer, respect pour un savoir faire centenaire, respect pour la technologie, et respect des hommes les uns envers les autres, pour savoir perdurer tant que connaissance et de technologie maritime. J’ai été particulièrement séduit par les 15 M JI. J’ai pu monter à bord à quai, et il me tarde de pouvoir naviguer sur l’un ou l’autre de ces magnifiques machines…”

 

Edition…
“Naviguer à l’heure de la mer”, par Christian Schroeder chez Classic Yacht Club
A l’occasion du prochain Salon Nautique International de Paris, qui aura lieu au parc des expositions de la porte de Versailles e Paris du 8 au 16 Décembre 2012, Classic Yacht Club, le club-house digital du yachting
classique, publie “Naviguer à l’heure de la Mer », le 1
er guide des montres nautiques. Son auteur, Henri-Christian Schroeder, fait un point très complet de la production actuelle, et moins récente, de montres à thématique nautique, en en proposant un classement par catégories, agrémenté de nombreuses photographies.Les fonctionnalités utiles en navigation sont identifiées. Plusieurs skippers renommés, concurrents de l’America’s Cup, et personnalités de la mer, apportent leur témoignage sur l’importance de la maîtrise du temps en mer et d’un chronographe multifonctions spécialisé à bord. Particulièrement utile au plaisancier, que celui-ci soit propriétaire, skipper ou équipier, ce guide permet à chacun de choisir la montre la plus adaptée à son usage: croisière ou régate en mer ou sur un lac, course au large en Méditerranée ou sur l’Atlantique. Ce guide intéressera plus généralement le passionné de montres à la recherche d’un thème de collection et souhaitant identifier les modèles incontournables de celle-ci.
Henri-Christian Schroeder est collectionneur de montres nautiques, Commodore du Trophée Bailli de Suffren, course-croisière internationale au large de yachts de tradition au départ de Saint-Tropez et administrateur de l’Association Française de Yachts de Tradition.

 

Lexique…

COTRE (cotre): Voilier ayant une grand voile et plusieurs focs. Ce type de gréement à longtemps été utilisé en croisière hauturière et,  à la pêche car il permet de diviser la surface de voile.

GOÉLETTE : Voilier à deux mâts, dont le grand mât est placé à l’arrière et le mât de misaine  à l’avant généralement plus petit. Ce type de gréement à largement était utilisé par les pêcheurs (1).
Dans les gréements anciens on distingue la goélette franche à corne ayant des voiles de flèche, des goélettes à hunier, ayant un hunier carré au mât de misaine à la place de la voile de flèche. Sur les goélettes américaines il y a une voile particulière: Le fisherman, elle s’établit entre les deux mats. En pêche, par beau temps, lorsque le seul homme resté à bord était le coq, il établissait cette voile pour récupérer les pêcheurs.


Bermudien : voile trapézoïdale hissée avec 2 drisses sur une très petite corne. Ce gréement à évoluer en ayant une seule drisse pour donner au final le gréement marconi ou la corne est remplacée par une têtière.

Aurique : Une voile aurique est une voile de forme quadrangulaire non symétrique qui présente toujours le même bord d’attaque au vent, contrairement aux voiles carrées. Elle est établie enverguée sur une vergue, pic ou corne, plus ou moins apiquée, dont le point le plus bas est situé vers l’avant, ou bien déployée par une livarde.

 

Le partenaire du jour : Série Limitée/Les Echos
Créé en décembre 1999 , à l’origine supplément trimestriel, Série Limitée Les Echos est devenu un rendez-vous incontournable des lecteurs du quotidien qui leur décrypte les tendances de demain, leur présente les hommes et femmes qui font de leur passion une vie de réussite, et leur permet de partir à la découverte de nouvelles sensations, du beau, des objets rares, des restaurants inattendus, des livres… Le luxe en toute simplicité, un mélange subtil entre le plaisir de se cultiver, de découvrir et l’envie de se faire plaisir. Le Luxe. Le meilleur de l’art de vivre. Le plein d’envies. Pour Elle & Lui.

Le Gstaad Yacht Club
Le Gstaad Yacht Club, qui ne dispose d’aucune fenêtre sur la mer, lac ou rivière, a initié un partenariat avec le Société Nautique de Saint-Tropez ; l’idée pour le club montagnard Suisse, est de se rapprocher de personnes qui partagent la même passion pour le nautisme. Et pour donner corps à ce rapprochement, le Gstaad Yacht Club a proposé la création du Centenary Trophy, un rendez-vous annuel durant les Voiles, initié en 2011, et qui permet durant la journée des défis, le jeudi, de faire régater ensemble les voiliers centenaires engagés aux Voiles. Ils sont ainsi 20 voiliers à avoir aujourd’hui pris le départ sous le Portalet. « Notre souhait est d’honorer tous ces gens qui œuvrent pour la survie et la restauration de ces magnifiques voiliers » explique Herr Peter Erzberger commodore du Gstaad Yacht Club.

 

Varuna (Ker 51) à pleine vitesse. Photo Charles Marion

CADEAU !

03/10/2012

C’est un véritable cadeau que la direction de course des Voiles de Saint-Tropez a offert ce jour aux 4 000 marins qui prennent part aux régates, et aux milliers d’amateurs de belles coques et de fières voilures : les trois parcours proposés aux trois grands groupes en lice, Modernes, Classiques et Wally, se sont harmonieusement mêlés au cœur du golfe, dans une unique communion de voiles éclatantes avec, chose exceptionnelle, une arrivée commune sous la tour du Portalet. Eole et Hélios s’accordaient de surcroît pour donner vie et couleurs à une joyeuse fête du yachting. Les équipages s’en sont donnés à cœur joie au rythme des bords et des amures variées d’un tracé qui éparpillait à la mi-journée quelques 300 bateaux des Issambres à Cap Camarat. Une journée marquée du sceau de l’unique, qui a une nouvelle fois vu briller les ténors déclarés de cette édition, Jethou ou My Song chez les grands Modernes, The Lady Anne et Tuiga chez les 15 mJI, Elena et Thendara, Bona Fide… ou Hamilton et Magic Carpet chez les Wally. Une journée qui résume à elle seule tous les qualificatifs les plus flatteurs attribués aux Voiles en 14 années d’existence.

 

Les Wally sortent de leur réserve
Habituellement cantonnés dans l’ouest du golfe, devant leur chère baie de Pampelonne, les 9 grands Wally en compétition ont aujourd’hui accepté de bonne grâce d’explorer de nouveaux horizons vers l’est Varois. Après un parcours aller-retour parallèlement à la plage et qui décantait déjà sérieusement la hiérarchie de la flotte, c’est dans le sillage d’un
Hamilton (Wally Cento 2012) dominateur en diable que la flotte traversait le golfe de Saint-Tropez à toute allure, propulsée par un solide flux de secteur sud ouest. Magic Carpet (Wally 94 – 2002) bataillait ferme avec Open Season (Wally 94.2- 2005) et résistait au retour de Dark Shadow (Wally 100 – 2002), tandis que Ryokan 2 (Wally 80 – 2005) fermait la marche.

La bouilloire
C’est donc un golfe de Saint-Tropez transformé en bouilloire par les passages de centaines d’étraves qui accueillait dès le milieu d’après midi les concurrents de toutes les classes en lice. Modernes ou Classiques avaient, dans un vent rapidement établi dès la fin de matinée à 13 ou 14 nœuds, tôt fait d’en terminer avec les 19 miles du grand triangle proposé. Le mélange des voiles, des styles, des architectures de tant d’embarcations toutes plus séduisantes ou étonnantes les unes que les autres marquaient dans le vent et la lumière le triomphe de l’esprit tropézien du yachting. L’enthousiasme et l’entrain des équipages à tirer le meilleur parti de machines tantôt futuristes, comme les grands protos ou les Wally, tantôt si délicieusement rétro comme les vénérables Marigold (1892) ou Victory (1885), faisait merveille et offrait aux nombreux curieux agglutinés sur les môles des arrivées en masse compact sous le Portalet.

15 m JI , la surprise « The Lady Anne »
On les savait prêts, au terme d’une grande année de préparation, mais
The Lady Anne étonne observateurs et adversaires par sa capacité à aller vite à toutes les allures, dans les conditions de vent faible à medium rencontrées à Saint-Tropez depuis le début de la semaine. Paul Goss et son équipage Britannique se sont imposés de fort belle manière aujourd’hui, dans le vent bien établi de sud ouest à l’extérieur du golfe. Précise dès le départ dans ses trajectoire, The lady Anne s’est rapidement portée aux avant postes pour disputer à Hispania, elle aussi décidément très en verve, le privilège de parer en tête la marque de la Moutte. La chevauchée des 15 mètres bien gîtés tribord amure vers la Nioulargue était assurément l’un des clous de cette superbe journée Tropézienne. Malheureux dans ses choix de départ, un ton en dessous en vitesse pure dans ce « range «  de vent, Mariska disparaissait totalement de la lutte finale, qui voyait au Portalet The Lady Anne l’emporter devant Tuiga. La bagarre au sein de ce très illustre groupe fait rage. Rappelons que la victoire aux Voiles est déterminante pour l’attribution du Royal Clyde Yacht Club Trophy, qui récompensera à l’issue des trois rendez-vous majeures de la saison, Cadix, régates Impéria et Voiles de Saint-Tropez, le 15 mJI le mieux classés. Tuiga, Mariska et The Lady Anne sont tous en lice pour prétendre au prestigieux trophée.

 Du Mini au Wally..
C’est la trajectoire que suivent avec passion la jeune navigatrice américaine Emma Creighton et le britannique Dan Dytch. Toux deux étaient il y a à peine une année en plein préparatif pour la transat Majuscule, la fameuse Mini transat qui reliait l’an passé la Rochelle à Salvador de Bahia, en solitaire sur le plus petit bateau de course au large, le Mini 6.50. Au terme de cette aventure grandeur nature, tous deux ont poursuivi leur carrière et Dan préside en tant que « boat captain » aux destinées d’un géant, le Wally 100
Dark Shadow. Il n’a pu refuser une place à sa collègue « Ministe » Emma qui navigue avec délectation aux Voiles de Saint-Tropez. « Oui cela change, de devoir partager les tâches avec un équipage si nombreux » explique Emma, ravie de découvrir de si exceptionnelle manière les merveilles de la Méditerranée… » Dan est quant à lui beaucoup plus familier des « gros » bateaux ; depuis 10 ans, il sillonne la Méditerranée et le Monde à bord de Maxis ou de Wally ; « C’est une grande responsabilité, car il y a toute une équipe à manager » précise-t’il, tout en gardant un soupçon de nostalgie dans le regard pour son fabuleux Mini 6.50…

Demain, la journée des Défis
Demain jeudi est toujours une journée particulière lors des Voiles de Saint-Tropez. C’est un moment unique au cœur de la compétition et des festivités durant lequel les concurrents, en hommage à l’idée créatrice de la Nioulargue de 1981, devenue « Voiles » en 1999, se défient mutuellement. Dans la plus parfaite bonne humeur, un skipper ou un propriétaire lance ainsi un défi à un ou plusieurs autre voilier et en informe la Direction de course. L’organisation des Voiles se charge de mouiller un parcours et de donner les départs. On assiste ainsi à de somptueuses luttes toujours amicales et souvent acharnées, avec pour seul enjeu, la fierté de l’emporter dans le cadre magique des Voiles de Saint- Tropez. Chaque année, plus d’une trentaine de duels sont livrés sur les eaux du golfe.

Deuxième édition du Trophée du centenaire du Gstaad Yacht Club
Le Yacht Club de Gstaad, en partenariat avec la Société nautique de saint tropez, organise demain, journée des défis, et pour la seconde année consécutive, sa course des Centenaires, le Centenary Trophy. Comme son nom l’indique, cette régate unique rassemble tous les voiliers « centenaires » participant aux Voiles. Ils seront ainsi 20 vénérables nés en 1912 ou plus tôt. Le doyen sera le joli cotre aurique « Victory », lancé en 1883, et le plus « jeune », The Lady Anne né en 1912. C’est le cotre aurique Bona Fide, le 12 mètres signé Charles Sibbick, lancé en 1899, et médaillé aux Jeux Olympiques de 1900 qui est le tenant du titre.

 

Ils ont dit :

Emma Creighton, Dark Shadow
« Je suis ravie d’être ici, et de découvrir de l’intérieur le maniement d’un grand Wally (Dark Shadow. C’est très différent de ce que je fais habituellement (Mini..) C’est drôle de voir tant de gens s’activer pour faire ce que j’ai l’habitude de faire seule. C’est « fun ». L’équipage est super. Le bateau est impressionnant, mais j’ai hâte de retrouver mon bateau pour être seule en charge. Le final ici au Portalet était incroyable, avec tous ces bateaux se jetant sur la ligne comme des morts de faim… »

Tony O’Gormann, Directeur de course des Wally
« Une superbe journée. L’idée d’effectuer un petit trajet en baie de Pampelonne avant la traversée du golfe vers Cavalaire a totalement comblé tous les concurrents. Les skippers sont ravis et il est vrai que le vent qui était au rendez vous a achevé de les combler. Nous sommes là pour ça ; donner aux marins de quoi se faire plaisir sur l’eau, avec des parcours variés, qui tirent le maximum parti du paysage et des conditions météo… ce fut le cas aujourd’hui… »

Yachts extraordinaires : Victory, Partridge, Marigold…
Victory  a été construit en 1884. Il est ainsi le plus ancien voilier à St Tropez cette année, devançant Partridge d’un an ! Il appartient dans la même famille (Carne) depuis plusieurs générations.    Il mesure 8,22 m à ligne de flottaison, avec 1,37m de tirant d’eau, portant 93 mètres carrés de voile, grand bout dehors, Victory figurait parmi les 35 bateaux de pêche qui draguaient des huitres dans la baie de Falmouth.  Cette pêcherie est unique.  Depuis toujours, l’utilisation des moteurs pour draguer est interdit pour contrôler la pèche.  Les pécheurs d’huitres doivent draguer sous voiles. Les « Falmouth working boats » naviguent toujours en régate chaque année dans l’embouchure de la Fal.

Deux autres cotres auriques interpellent l’œil sur le plan d’eau de Saint Tropez par leur étrange étrave droite comme celle d’un bateau de travail du siècle dernier. Respectivement né en 1885 et 1892, Partridge et Marigold sont avec Victory parmi les plus anciens voiliers présent aux « Voiles ».

Marigold est un cotre aurique de 18 mètres. Il fut le premier projet d’envergure dessiné par Charles E. Nicholson en 1892. Nicholson avait alors 22 ans. Greg Powesland a découvert Marigold dans les annéess 80 abandonnée à Wooton Creek en Angleterre. Il l’a remorqua à travers le Solent et la coula dans la vase de la rivière beaulieu. En 1982, l’épave fut mise au sec et nettoyé dans la perspective d’une restauration. mais le manque de fond arrêta le projet. Durant sept années, Greg Powesland chercha d l’argent et rassembla tous les éléments d’époque qu’il put trouver pour un jour entreprendre la rénovation. C’est Alex laird qui eut l’idée en 1989 de mettre la coque en vente aux enchères. Glen Allan, yachtsman des Bermudes en fit alors l’acquisition et la rénova dans les dispositions que nous connaissons aujourd’hui.

Partridge est un cotre aurique de 22 mètres lancé en 1885 par Camper et Nicholson, sur un dessin de John Beaver-Webb. C’est le plus vieux yacht Classique à naviguer en Méditerranée. Il a été magnifiquement restauré à la Ciotat. A l’instar de Marigold, il a également été sauvé de la vase où il croupissait dans la rivière Blackwater dans l’est de l’Angleterre. C’est le marin et architecte Britannique Alex Laird qui s’est chargé de ce sauvetage.

 

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs…

Fair Play…
Scène quelque peu surréaliste survenue hier lors du départ des 15 m JI. Alors que le vent s’affaissait totalement au niveau de la bouée de dégagement, les 4 auriques qui naviguent au sein d’un même et ô combien historique groupe,
Mariska, Tuiga, The Lady Anne et Hispania, se retrouvèrent « empétolés » au moment d’enrouler la bouée. Et comme ce fut souvent le cas avant l’établissement d’une brise thermique, de petites risées de vent sont apparues ici et là sur le plan d’eau. Premier chanceux à en bénéficier, Hispania, pourtant mal engagée au vent de la flotte, se vit soudain propulsée par un petit souffle salvateur qui lui permettait de doubler toute la flotte toujours immobilisée à moins de 50 mètres sous son vent. C’est alors que spontanément, et comme un seul homme, les 25 hommes d’équipage de Tuiga se levèrent, et applaudirent leur fortuné adversaire…

Les clowns du cirque Monégasque et le bagad de Lann Bihoué dans les rues de Saint-Tropez
Les Voiles de Saint-Tropez proposent demain et comme chaque année aux équipages de se distinguer aussi à terre ; le défilé des équipages est le temps fort qui leur est dédié sur le port. Ce sont les clowns du Festival du Cirque Monégasque qui assureront l’animation du défilé des équipages, jeudi 4 octobre à partir de 19h, tout comme le célèbre Bagad de Lan Bihoué qui sera en piste vendredi et samedi. Aux équipages de se distinguer, car un jury spécialement désigné récompensera l’équipage le plus original…

Anniversaires…
Les Tofinou ont 25 ans ! Lancés par le chantier latitude 46, les Tofinous ont conquis les adeptes de jolis « day-boats » aux lignes traditionnelles, et aux performances sportives affirmées. 9,5, 12 ou 16 mètres, le style fait recette depuis 25 ans déjà. Les Sillinger, semi-rigides aux allures martiales fêtent eux leur 50ème anniversaire ! 50 ans déjà que Tibor Sillinger jouait la carte de la robustesse, de la puissance et de la longévité pour ses semi-rigides sans concessions à la qualité…

 

Edition…
Plaisance d’exception
Vincent Bourdin, journaliste, et Gilles Martin-Raget, photographe, unissent leurs talents pour présenter en un seul ouvrage les plus beaux voiliers et leurs secrets. Les éditions Glénat publient sous cette double signature « Plaisance d’exception ». L’œuvre fait la démonstration, au travers de superbes photographies de Gilles Martin-Raget, des différents aspects de la plaisance d’hier et d’aujourd’hui, véritable art de vivre qu’ont adopté nombre de passionnés amoureux de la mer. Sur des critères aussi bien techniques qu’esthétiques, des architectes, des ouvriers et des marins ont façonné des matériaux pour en faire de somptueuses machines, des voiliers uniques qui constituent de véritables outils à sillonner le monde, à la découverte de paysages, de populations, de sensations aussi diverses qu’inoubliables. Les grands rassemblements qui ont lieu chaque année nous donnent l’occasion d’assister à des moments exceptionnels de voile, ces merveilles des mers, modernes et classiques, se retrouvant alors pour des bords communs de toute beauté, dans un convivial esprit de bon sens marin. Car c’est bien cela qui guide et réunit les plaisanciers dont l’idéal de liberté s’exprime en mer : faire partie de cette grande famille des hommes qui vont en mer, les marins.
Collection Histoire maritime de 224 pages
Format : 270 mm x 370 mm Façonnage : Cartonné Prix public TTC France : 49.50 € 

 

Le partenaire du jour : GL Events
Premier groupe international intégré de la filière événementielle, GL events est présent sur tous les métiers de l’événement, partout dans le monde. Le groupe intervient dans les trois principaux métiers de l’événement : l’organisation de salons, congrès et événements, la gestion d’espaces réceptifs pour le compte des collectivités locales, et la fourniture de prestations et services aux événements.
Grâce à l’intégration de l’ensemble des compétences événementielles et à sa présence sur 91 sites en France et à l’international, GL events accompagne les entreprises, institutions, organisateurs de manifestations, de la définition des stratégies événementielles jusqu’à la mise en oeuvre des opérations sur le terrain.
GL events réunit 3 435 collaborateurs, issus de nationalités et d’horizons variés, couvrant l’ensemble des métiers de la filière événementielle. Attaché aux valeurs qui fondent son histoire, GL Events a développé une politique de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) ambitieuse et contribue à la dynamisation de sa filière professionnelle. Le groupe a réalisé 787,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011.
GL events présent sur les trois grands marchés de l’événementiel :
les salons, expositions, professionnels et grand public, les congrès, conventions, colloques et inventive,, les événements corporate, institutionnels, culturels ou sportifs.

Du vent pour tout le monde ! Photo Gilles Martin-Raget

GLISSADES TROPEZIENNES

02/10/2012

Mer plate, généreux soleil estival, petite brise de Sud Ouest franche en bordure du golfe, tels étaient les ingrédients de cette première journée « complète » des Voiles 2012, idéale pour de toniques glissades, notamment pour les Modernes propulsés vers Cavalaire dans 20 nœuds de vent établis. « Complète » car c’est bien le mardi qu’entre en scène l’intégralité des quelques 300 voiliers engagés aux Voiles. Les Classiques ont retrouvé leurs marques à l’ombre du clocher de Saint-Tropez, tandis que les futuristes Wally réinvestissaient Pampelonne. Les voiliers Modernes profitaient eux, de l’air du large du côté de la Moutte. Toutes les classes étaient ainsi dès 13 heures engagées dans leurs joutes respectives, aux prises avec une Méditerranée d’humeur changeante, avant que la brise thermique ne vienne agiter le plan d’eau et faciliter un prompt retour au port vers les festivités du soir.

15 m JI : duels sous le soleil
Les quatre somptueux 15 mJI en existence signés William Fife régatent à Saint-Tropez au sein de leur propre groupe et sont désormais réunis en association au sein d’un véritable “carré d’as” sous la houlette de Bernard d’Alessandri, le Directeur Général du Yacht-Club de Monaco. Ils bénéficient par la grâce des organisateurs de leur propre départ décalé des grands auriques. On a ainsi pu assister au spectacle rarissime de l’envolée lancée de Mariska (1908), Tuiga (1909), The Lady Anne (1912) et Hispania (1909). Une rivalité confraternelle et marquée du sceau de l’amitié et du respect s’exprime sur l’eau, et c’est avec une réelle envie d’en découdre que les quatre « auriques » se jetaient sur la ligne de départ. Mariska choisissait le centre de la ligne de départ et profitait d’un plan d’eau dégagé pour s’échapper de plusieurs longueurs dans du vent frais. Bien couvert au bateau
comité par un The Lady Anne opportuniste, Tuiga, adversaire déclaré de Mariska pour le leadership du très amical championnat des 15 mètres, se laissait voler son vent et plongeait sur une allure très abattue vers la bouée de dégagement. Une marque obligée que le vent avait totalement désertée à l’arrivée des grands auriques. Mariska était de nouveau le premier à se déhaler pour glisser devant Ste Maxime et toucher un nouveau flux de secteur Sud Ouest propice à sortir toute la toile vers la Seiche à l’Huile. Hispania, dernier yacht venu dans la cour des 15 mètres, a surpris par son aisance dans les petits airs, particulièrement au près. Mariska triomphe ce soir, ayant contrôlé la course de
bout en bout.
Les « Moderne » vers Cavalaire
Si le vent se montrait capricieux au coeur du golfe, il était en revanche mieux établi du côté de Pampelonne et Cavalaire, que le Comité de course proposait promptement et dès midi aux 160 voiliers Modernes de visiter, à l’occasion d’un parcours de 17 milles pour les plus grosses unités, et 27 milles pour les véloces cruiser-racers. La ligne d’arrivée mouillée comme à l’accoutumée dans l’axe de la tour du Portalet, et à quelques encablures seulement du môle Jean Réveille, voyait moins de trois heures plus tard débouler l’immense spi fluo du proto Jethou, bord à bord avec l’autre « glouton » de l’épreuve, le grand Maxi Leopard 3. Le vent de Sud Ouest idéal en force et en stabilité dès le départ donné au large de la Moutte tombait quelque peu après 16 heures alors que les voiliers entamaient leurs derniers bords vers Saint-Tropez. Le Comité de course jugeait plus sage
d’arrêter la course des petits voiliers à l’entrée du golfe. Jethou voit son rating lui coûter une place au général provisoire dorénavant dominé par le proto Italien, le grand Farr 70 My Song auteur d’une belle seconde place, et le Swan américain Stark raving mad. On notera chez les IRC B la nouvelle performance du TP 52 Spirit of Malouen VI qui a pris ce soir sa revanche sur le GP 42 Team Vision Future. L’autre TP 52 Powerplay complète le podium provisoire après deux manches validées. Les habitués de la Méditerranée, Genapi à Chritian barberis et Cachou de Guy Cornillon dominent ce soir les IRC C. C’est le XP44 Amber Miles qui s’est imposé aujourd’hui et revient en troisièmeposition du classement général provisoire, avant jury…

Du vent pour les Wally
Deux manches, sur des parcours de type « banane » étaient au programme des grands Wally sur leur rond au large de Pampelonne. Et au chaud soleil s’est mêlée pour le plus grand bonheur des équipages une solide brise de secteur sud ouest relevée à plus de 20 noeuds au plus fort de la journée. Deux manches ont ainsi été courues et validées.

Ils ont dit :
Luc Poupon (Sojana)
« Une belle journée, avec des conditions durant ue bonne partie du parcours idéales pour Sojana, avec un peu plus de 20 noueds de vent vers Cavalaire. On a déboulé au reaching à 16 noeuds, avant de tomber comme tout le monde dans un trou d’air vers La Moutte… »
Louis Heckly, tacticien Mariska (15 m JI)
« On a eu un peu d’air au départ. L’idée était de partir bien dégagé sur la ligne. On a tout de suite pris un léger avantage. Mais Hispania est revenue de manière étonnante, au près après la bouée dégagement. On a dû les contrôler. En sortie de baie, toute la flotte est tombée dans un trou d’air. On a vu que ça rentait par l’ouest et on est reparti avant nos adversaires. Puis The Lady Anne et Hispania sont de nouveau revenus à la faveur d’un nouveau trou d’air après les Issambres. On finit ainsi très groupé. Heureux de cette première victoire de manche. »
Yachts extraordinaires : le code 0
Le Code 0 du chantier Black Pepper s’est entouré du monde de la course au large afin de créer un bateau alliant performance et efficacité. Dessiné par Romaric Neyhousser avec le concours d’Yves Parlier, le Code 0 réalisé en carbone epoxy, mât carbone et pont en bois allie technologie, design et performances. La construction est confiée au chantier Naval de Larros à Gujan Mestras (France -Gironde); Quatre de ces superbes unités vont régater toute la semaine sur le rond des Classiques devant Saint Tropez, en compagnie des Tofinou (9 et 12 m), et apporter leur touche d’élégance pleine de modernité.

Les yachts classiques en lice Photo Rolex/Kurt Arrigo

DOUCE ENTREE EN MATIERE

Fidèles à la tradition des Voiles de Saint-Tropez, ce sont les voiliers Modernes qui ont lancé la longue et belle semaine de régates tant attendue. 161 voiliers ont sagement patienté sous un ciel des plus changeants, chargé de nuages aux allures tantôt menaçantes, tantôt cotonneuses sous un soleil impatient de percer et de redonner au golfe ses atours estivaux. L’opiniâtreté du comité de course payait peu après 15 heures quand à la faveur d’un léger flux d’est, le premier groupe, celui des « petits » IRC E pouvait s’élancer pour un aller-retour dans l’axe du golfe, long de 4,6 milles sur une mer parfaitement lisse. Ils étaient bientôt suivis et à 5 minutes d’intervalle des quatre autres groupes, les grands IRC A qui compte quelques-uns des plus rapides Maxi yachts prototypes au monde fermant la marche.

Les voiliers Modernes s’accommodent décidément de tout, et les quelques 5 à 6 nœuds d’un vent à l’humeur alternative leur ont suffi pour entrer dans le vif de ce Millésime 2012 des Voiles. Un petit parcours aller et retour depuis la tour du Portalet jusqu’à une marque mouillée en bordure du golfe leur était proposé, prétexte à lancer la fête de sportive manière, en habillant le petit port Varois de centaine de spis multicolores sous le soleil lors du retour au portatif. Une manche qui favorisait à l’évidence les unités les plus légères, capable de se déhaler au moindre souffle d’air, à l’instar du tout nouveau monotype Australien Mac Conaghy 38 Raffale qui brillait chez les IRC C. Les grandes cathédrales de toile qui coiffent les grands Maxis faisaient merveille, aspirant l’air loi au dessus es flots, et c’est sans surprise que le grand spi fluo du Proto Judel/Vrolijk Jethou venait en premier saluer le Portalet. Leopard 3 lui emboîtait le pas dans le même tempo d’un dernier empannage toujours crucial à quelques encablures de la ligne. Firefly et sa fine étrave inspirée des Classe J de la belle époque rappelait à chacun qu’il est surtout taillé pour la vitesse. Il pointe ce soir déjà à la seconde place du général provisoire, devant le swan 601 américain Stark raving Mad. Les 52 pieds se sont eux aussi joués avec bonheur des pièges du jour et le très tonique TP 52 Spirit of Malouin IV a livré un joli pas de deux au Ker 53 Dralion. C’est, rating oblige, le GP 42 Team Vision Future qui les coiffe au générale.
Les Wally pour un « run »
Même régime « pétoleux » au large de Pampelonne, zone traditionnellement investie par les grands et futuristes Wally. 10 d’entre eux régatent aux Voiles, et ont dû composer avec les petits airs instables du jour. Un départ pour un « run » entre deux bouées leur fut proposé peu après 15 heures, sur un parcours face au faible vent d’Est d’un peu plus de 2 milles de longueur. De quoi amuser les tacticiens dont le sens du placement et la lecture du plan d’eau n’est jamais autant sollicité que dans le petit temps…


Les yachts Classiques si attendus du nombreux public qui aime à se masser môle d’Estienne d’Orves entrent en lice aujourd’hui. Toutes les « stars » sont là, et on ne sait vraiment par quel nom de légende commencer ; annonçons alors la lutte fratricide entre 4 « sisterships » centenaires, les fameux 15 mJI signé du génial William Fife, en lutte pour un véritable championnat. Mariska au Suisse Christian Niels, fort de ses succès en Italie, semble dominer Tuiga, The Lady Ann et Hispania. Mais gagner à Saint-Tropez relève d’un tel prestige que chaque équipage va mettre un point d’honneur à briller à l’ombre de la Cité du Bailli. Ces quatre cotres auriques auront leur propre signal de départ, dissocié des autres grands Classiques. Cet affrontement haut en couleur et éminemment spectaculaire est sans aucun doute l’un des temps forts de la semaine. Et dans ce registre de l’exceptionnel, on pense aussi à la journée des défis, jeudi prochain 4 octobre, qui verra ainsi le 19 M JI Mariquita (Fife 1910) défendre son titre glâné il y a deux ans face à Cambria (Fife 1928). Un duel hors norme puisque c’est Altaïr (Fife 1931) qui lui est opposé. En effet, la rencontre programmée l’an dernier n’ayant pas pu arriver à son terme faute de vent, les capitaines ont décidé de la reconduire cette année dans le plus pur esprit chevaleresque. La régate se dispute sans handicap, en temps réel, avec un départ à 12 heures devant le Portalet.

Les « mordus » des Voiles retrouveront avec plaisir les inimitables et formidables silhouettes des grandes goélettes auriques, Elena (Herreshoff 1910) et Sunshine (Fife 2006), du grand côtre Bermudien Cambria, de son alter ego aurique Mariquita (Fife 1911), et des grands ketches auriques comme Thendara, ou Bermudien comme The Blue Peter (Mylne 1930) ou White Dolphin (Beltrami 1967). On s’émerveillera aussi aux évolutions tout en finesse des merveilles de voiliers auriques ou Bermudiens de taille plus modeste, à l’image du vénérable et si véloce cotre aurique Nan of Fife (1896), Lulu, lancé en 1897 et classé Monument Historique ou Oriole (Herreshoff 1905). On observera aussi avec un brin de nostalgie les 5 Pen Duick menés par le premier du nom, dessiné par William Fife et lancé en 1898. Le titre de doyen revient à Partridge, cotre aurique reconnaissable à sa coque noir et lancé… en 1885.
A noter que 17 Tofinou, de 9,50 m et 12 mètres navigueront sous leur propre flamme sur le parcours des yachts classiques. Ils croiseront 4 « Code 0 », le joli day-boat aux allures rétro créé par Yves Parlier

Magic Carpet 2 . Wally 94' photo Gilles Martin-Raget

OUVREZ LE BAN

01/10/2012

Les terribles orages qui ont noyé hier la baie de Saint-Tropez ont fui toute la journée devant l’afflu empressé des plus beaux yachts du monde qui répondent comme chaque année à l’irrésistible appel des Voiles. Une nouvelle fois, le charmant petit port varois fait le plein et ce sont pas moins de 300 voiliers, pour moitié Modernes et Classiques, qui en terminent aujourd’hui avec leurs procédures d’engagement dans leurs classes respectives. La Coupe d’Automne du Yacht Club de France et ses 56 participants Classiques offre comme à l’accoutumée un alléchant avant-goût de ce que sera cette semaine Tropézienne, quand des dizaines de voiles traditionnelles ou futuristes mêlent leurs reflets aux eaux du golfe et viennent saluer la tour du Portalet. Marins et belles coques sont les véritables stars de Saint-Tropez, qui vont toute la semaine célébrer l’esprit intemporel du yachting, fait de convivialité et de passion partagée.

Alors que les voiliers Modernes en terminaient avec leurs modalités d’inscription, les sublimes voiliers classiques cinglaient vers Saint-Tropez. 56 d’entre eux, répartis en 7 Classes, avaient quitté peu avant midi Cannes et ses Régates Royales, afin de rallier en course la Cité du Bailli de Suffren, dans le cadre de la traditionnelle Coupe d’Automne du Yacht Club de France. Un petit flux de secteur Nord, virant à l’Est avait, dans un premier temps, permis aux yachts de glisser au reaching sous les massifs de l’Esterel, avant d’entamer au près l’approche des rivages varois. C’est à hauteur des Issambres que l’arrivée était finalement jugée, les gros nuages ayant totalement absorbé l’air du golfe. Et c’est la grande goélette aurique Elena of London (Nathanael Herreshoff –1910) qui s’imposait avec grâce et facilité en temps réel, au terme de 3 heures et 5 minutes de course. Elle devançait de 7 minutes le joli sloop bermudien Rowdy, lui aussi fruit du talent du « sorcier de Bristol » Herreshoff. Le célèbrissime Pen Duick (Fife 1898) complétait ce très provisoire podium en temps réel.

Au programme  de la première journée des Voiles, l’entrée en lice et en course des 161 yachts Modernes, régis par la jauge IRC, et 10 somptueux Wally. Ces derniers retrouveront leur « rond » de prédilection mouillé devant Pampelonne, tandis qu’en l’absence momentanée des voiliers de tradition encore occupés à leurs  procédures d’enregistrement, les voiliers dits « Modernes » investiront le Golfe de Saint Tropez, avec leurs zones de départ et d’arrivée mouillées au large de la tour du Portalet. 30 yachts courront ainsi en IRC A, 29 en IRC B, 33 en IRC C, 31 en IRC D et 38 en IRC E. L’entrée en matière pour ces yachts assoiffés de compétition, s’annonce des plus modérée avec 5 à 8 nœuds de vent orienté plein sud au menu. De quoi découvrir d’emblée toutes les subtilités d’un plan d’eau souvent déconcertant. Au bonheur des tacticiens !

Esense, Wally 143' devant Pampelonne Photo Gilles Martin-Raget

(English) The Modern Yachts set sails first

30/09/2012

Désolé, cet article est seulement disponible en English.

Sécurité avant tout. Photo Antoine Sézérat

Georges Korhel, Directeur de course des Voiles

Chaque année, tant à terre que sur l’eau, l’organisation des Voiles de Saint Tropez demeure à l’écoute des régatiers, prompt à répondre aux aspirations des coureurs ; ainsi cette année…

George Kohrel :
“Grande nouveauté cette année, on a refait tous les parcours. J’y ai passé l’hiver. L’idée est de simplifier les parcours, avec un minimum de marques de passages, une deux ou trois bouées  maximum. On a réécrit toutes les Instructions de course. Pour les Modernes comme pour les Classiques. Notre souhait est de rendre tous nos parcours facilement lisibles de tous. Nous avons des zones de mouillages à des profondeurs de 100 et 150 mètres, et nous avons désormais 7 mouillages fixes qui ne bougeront pas. C’est la grande nouveauté de cette année.
Les Voiles de Saint Tropez supposent une organisation sur l’eau très importante en terme de moyens humains. Nous avons en effet trois “ronds” de course, un dans le golfe pour les Classiques, un à l’extérieur du golfe pour les voiliers Modernes,  et un rond spécifique aux grands Wally à Pampelonne. Nous donnons au total 20 départs sur les trois ronds, à raison d’un départ toutes les 5 minutes. Nous avons donc 3 directions de courses différentes, trois comités, trois mouilleurs… La sécurité est un point  important sur lequel nous avons beaucoup travaillé avec la Préfecture Maritime. Nous avons créé des zones de sécurité que chacun, plaisancier-spectateur et régatiers, doit respecter, notamment lors des départs des voiliers de tradition au cœur du golfe, et sur la zone d’arrivée qui est commune à TOUS les bateaux à hauteur du Portalet. L’arrêté préfectoral interdit toute navigation dans ces zones là, sauf pour les concurrents et bateaux dûment accrédités, portant les pavillons spécifiques. Nous avons 4 gros semi rigides pour faire la police… Cela se sait, et cette notion entre dans les mœurs. Nous avons de moins en moins de problèmes.”

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